mercredi 12 novembre 2008

Mutineries de 1917

Roger Holeindre répond à monsieur Sarközy :
Il est regrettable que des soldats aient été contraints de fusiller des hommes qui, la veille encore, étaient leurs frères d’arme.
Mais il est honteux de falsifier une nouvelle fois l’histoire. Si les émeutiers avaient gagné, ils auraient pu continuer, comme ils l’ont fait, à tuer et à pendre des gendarmes qui, eux non plus, n’étaient pas des lâches.
Ils auraient pu, comme ils commençaient à le faire, saisir des trains et foncer sur Paris.
Si tout n’avait pas été stoppé net, cela se serait passé comme sur le front russe, où les Bolcheviks, en trahissant leur pays, permirent la victoire de l’Allemagne sur ce front.
La réussite des mutins, c’était la marche sur la capitale de notre armée révoltée, suivie par les armées allemandes invaincues alors.
C’était, en un mot comme en cent, le désastre total, la guerre civile, et l’asservissement de la France."

Tout d'abord je partage avec M.Holleindre son dégoût :
"M. le Président de la République doit cesser de caviarder notre histoire, même pour complaire à son épouse et à ses amis de la gauche caviar.." 
Mais ce n'est pas une raison parce que la racaille dorée utilise frauduleusement la mémoire des fusillés pour l'exemple pour souiller ce qui reste de la France et tenter de déshonorer un peu plus l'armée française, que je vais tomber dans ce qui est pour moi, un piège.
L'ironie, l'amère ironie, c'est que cette engeance dorée flatte la mémoire de ceux qui auraient impitoyablement exterminé leurs prédécesseurs, qui auraient fait en sorte que la possibilité même de leur existence historique eut été abolie à jamais.
L'expression de M. Holeindre : "Trahir leur pays" concentre ma divergence fondamentale.
Le nationalisme de M. Holleindre est cohérent. Mais il n'est pas le mien. Trahir leur pays c'est pour lui trahir "l'Union Sacrée", pour moi : briser l'alliance maudite des soldats et des marchands de canons.

Pays est ici entendu dans une acception mystique, idéelle, abstraite.
Le contraire du sens réel, charnel, et disons le, matérialiste, d'Apollinaire :

"Nous prendrons toutes les joies
Des vainqueurs qui se délassent
Femmes Jeux Usines Commerce
Industrie Agriculture Métal..."

Monsieur Holleindre a raison, cent fois raison, ils auraient saisi des trains et foncé sur Paris, pour faire rendre gorge aux planqués de l'arrière, et instaurer l'implacable dictature des soldats révolutionnaires.
Restauré la grandeur d'une France débarrassée de ses parasites capitalistes et leurs serviteurs à gages et à galons.
OUI! C'eût été "en un mot comme en cent", la liquidation des profiteurs et des généraux, la fraternisation des soldats Français et Allemands, la naissance d'une Europe nouvelle, puissante et prolétarienne.
Tout est là.
Tout se concentre là.
Et je le dis d'autant mieux, qu'à la différence d'autres adversaires politiques, j'estime monsieur Holleindre, ce vieux soldat.

Mais il n'est plus question ici de politesse et de tergiversation.
Si, mentalement, je me projette dans ce passé terrible, je m'identifie au "mutin" lié au poteau, rage au cœur, larmes sous le bandeau, invective à la bouche.
Et Monsieur Holleindre va commander le feu au peloton de gendarmes qui va faire exploser ce cœur révolté pour les plus grands bénéfices des familles Schneider et Krupp.

Félix le Chat

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