lundi 11 novembre 2019

La Guerre, le fascisme,

par DRIEU LA ROCHELLE
dans Socialisme fasciste, 1935 : 



« La guerre militaire moderne est sur toute la ligne une abomination. Je me suis efforcé depuis quinze ans de démontrer et de faire sentir que cette guerre, en effet, détruit toutes les valeurs viriles (…).
Pas l'ombre d'aventure, le facteur individuel faute de contact entre les adversaires étant réduit au plus mince.  Dans la prochaine, ce sera vrai pour l'aviation comme pour l'infanterie et l'artillerie.
A l'arrière c'est la vie de caserne, réglée, automatique, à l'avant aussi. Pas d'aventure, donc pas de gloire. Voilà la guerre moderne, elle n'a plus rien d'humain. Et quel est le résultat ? Des millions de morts, de blessés et de malades. Pas de gloire et des destructions immenses. Les villes anéanties : Londres, Paris, Berlin, Milan rayées de la carte au premier jour. Les femmes, les enfants, les vieillards, les animaux, les plantes, la forme même des paysages, tout cela dissipé comme le corps des soldats. Une Europe réduite au désespoir, à la négation de tout. La jeunesse qui est la vie, qui est la beauté ne peut être que contre cela.


 «  L’État ne peut vivre et se renouveler que par l'insurrection, la révolution, la guerre intérieure. Et l'Espèce a besoin de cette insécurité dans l’État (…). La jeunesse voyant l'esprit de paix tuer l'esprit de révolution, a restauré l'esprit de guerre pour sauver cet esprit de révolution dont il est inhérent. Mais c'est ici que nous, Français, qui n'avons point été mêlés à toute cette aventure (bien que nous l'ayons pressentie dans le syndicalisme révolutionnaire d'avant-guerre, et que nous ayons produit Proudhon, Blanqui et Sorel, apôtres de diverses manières de la révolution guerrière), nous devons ouvrir l’œil et profiter de notre distance.  Nous devons admirer ce beau sursaut de la jeunesse d'ailleurs. Mais puisque nous sommes voués à la sagesse plutôt qu'à l'audace, profitons-en. Puisque nous sommes amenés les derniers à une certaine action, tâchons d'en prendre les avantages sans en adopter les inconvénients (…).
Mais elle [la jeunesse européenne] s'est jetée dans l'excès contraire. Elle a restauré pêle-mêle la guerre avec la révolution. La jeunesse de l'Europe centrale et orientale, pour sauver la révolution, a admis la guerre. Elle a réagi, elle s'est montrée réactionnaire, en plein (…).
La révolution fasciste, qui a peut-être compris la solution propre à l'esprit européen du problème social, n'a pas compris le problème de la guerre. Elle n'a pu faire la dissociation d'idées, nécessaire aujourd'hui pour le salut de l'Espèce, entre la guerre moderne et la guerre éternelles, entre la guerre et l'esprit de guerre (…).
Dans le bellicisme des fascistes, il y a un effort beaucoup plus qu'un abandon, un effort qui se crispe, qui s'exagère. Dans le fascisme, la crispation est de trop et signale une erreur. Le fascisme demande trop à l'homme ; en même temps qu'il lui redonne la vie, l'orgueil de sa jeunesse, il le prépare à une mort hideuse et stérile. Notre effort, pour être plus mesuré, pourrait être plus heureux. En analysant notre but mieux que les autres, nous pourrions nous façonner à une tension plus saine et peut-être plus durable. A cause de la déviation démoniaque qu'a subie la guerre moderne, nous nous contenterons de l'exercice transposé de la guerre : du sport. La guerre peut bien supporter une transposition comme l'amour. Il y a loin du rapt primitif à l'amour sentimental. Il faut bien que l'Espèce se contente de cette transposition et de cette atténuation de l'instinct de reproduction. Remplaçons les batailles par des matches de football, l'héroïsme de la terre par l'héroïsme du ciel. Espérons que l'esprit du sport suffira à nous maintenir assez belliqueux pour demeurer révolutionnaires dans le cercle intérieur.


 « La guerre éclate, dans cinq ans. La France et l'Allemagne se ruent l'une sur l'autre. La France seule serait battue, encore plus sûrement qu'en 1914 (…). La prochaine fois, ce sera la lutte à couteaux tirés entre le fascisme e le communisme. Les nécessités de la lutte obligeront les bourgeois d'Occident, mêlés à la lutte entre le gouvernement antidémocratique de la Russie et le gouvernement antidémocratique de Berlin, à jeter aux orties leur dépouille démocratique (…). On verra des bourgeois jusque-là nationalistes s'apercevoir que le nationalisme n'était pas l'âme de leur vie autant qu'ils le croyaient. On les verra justifier soudain l'esprit allemand et entrer dans des concessions telles que n'en ont jamais rêvé les braves gens de la gauche. Hitler a encore de beaux jours devant lui. Toute cette énorme et confuse situation nouvelle semble donc se ramener à ce dilemme étrange ; les Français préféreront-ils devenir communistes pour ne pas devenir Allemands ? Ou devenir Allemands pour ne pas devenir communistes ? Et n'en sera-t-il pas de même en Italie et en Angleterre ? (…). Le troisième caractère abominable de la prochaine guerre reste la puissance démoniaque et irrémédiablement hostile à l'humanité, des instruments. A lui seul, il suffirait à la rendre exécrable.


 « Le fascisme, c'est la crispation de l'homme européen autour de l'idée de vertu virile qu'il sent menacée par le cours inévitable des choses vers la paix définitive. Il n'est pas sûr que le fascisme veuille vraiment la guerre et soit capable de guerre, surtout de la terrible guerre moderne. Le fascisme se contenterait peut-être volontiers de sport et de parade, d'exercice et de danse. Qui sait s'il ne montrera pas épouvanté devant la conséquence dernière de son attitude ? Il confond dans ses paroles le sport et la guerre, la restauration physique de l'homme – si nécessaire pour lutter contre les méfaits des grandes villes et pour maintenir l'homme dans ses facultés essentielles – avec la continuation des vieilles formes militaire. Mais peut-être qu'au fond de lui-même, la distinction est déjà faite entre la transposition de l'esprit de guerre en sport et parade et la continuation de la forme militaire. »



mardi 1 octobre 2019

Oraison funèbre

Entretien avec Ginette O'Crassy.



Jacques Chirac, la deuxième gloire nationale après Johnny Hallyday, est descendue au tombeau.
La troisième est Le Pen, Chirac lui aura grillé la politesse, celui qui a ruiné la PME familiale fasciste en 2002, mourra donc avant son patron.
 Certains, dans les hautes sphères, se mordent les doigts roussis d’avoir trop tôt fait incendier Notre-Dame qui aurait été le cadre parfait pour des funérailles avec Encens et Orgue.
Mais Nano et Thermite mettent le feu aux poutres quand on le leur demande et ne connaissent pas les impératifs posthumes de la poudre aux yeux.

 — Nanoz et Thierry Lhermitte vous voulez dire ?

— Oui et non, le second a un alibi

— Lequel ?

 — Il jouait au poker

 — Peut-être, mais à ce jeu on fume comme des pompiers et on oublie les mégots !

— Je n’y crois pas !

— À la thèse du mégot ?

— Aux pompiers ! On aurait dit un arrosage de fleurs !

— Je vais vous étonner, mais moi-même je crois plus au complot qu’au mégot.

— Mazette ! Un complot d’extrême droite je présume !

— Oui, ou peut être islamiste : un attentat antisémite en tout cas !

— Il est vrai qu’à Notre-Dame on célébrait « la Circoncision de Jésus ».

 — Vous voyez, c’était un peu une synagogue !

— Sans parler de l’intoxication au plomb qui s’abat sur le 4ème arrondissement !

— Le Sentier asphyxié ! C’est du national-saturnisme !

— Il faudrait raser une bonne fois cette cathédrale toxique !

— Comme toute l’Église de la Contre capote catholique j’imagine !

— Ce que les Femen ne cessaient de clamer avec courage.

— Entrer dans les Eglises dans le plus simple appareil ne leur en demandait pas tellement !

 — Monsieur Venner s’est bien fait Charlie-hebdo dans Votre-Dame !

— Hara-kiri vous voulez dire ?

— Oui, enfin ce truc japonais !

 — Seppuku !

 — C’est dégoûtant !

— En vérité Dominique Venner ne s’est pas ouvert le ventre, il s’est tiré une balle dans la tête.

 — Enfin, si ça lui a mis un peu de plomb dans la cervelle !

— Un peu de respect SVP ! Ce geste est d’un samouraï !

— Il aurait pu faire ça ailleurs que dans une cathédrale gothique !

— Gothique ou pas ça ne manquait pas de style !

 — Quel style ?

— Le Bushido, la voie du guerrier ! 

— La voie des homos refoulés, comme Mischima, leur amour !

— Propos tout à fait homophobe et gratuit !

— Et les Geishas c’est gratuit peut être ?

— Je ne vois pas le rapport

— C’est un rapport sexuel d’oppression

— Il n’y a pas de rapport sexuel !

— On fait son petit Lacan ?

— C’est mieux que d’être pour les camps !

— Quels camps ?

— De castration !

— La faute à qui ?

— À la Ministre avec sa faux !

— La poétesse ?

— Mais non sa faux !  Son instrument sans lame auquel il ne manque que le manche.

 — N’est pas Lichtenberg qui veut, et surtout pas la Schiappa !

 — Elle Schiappa pas bien haut avec ses mesurettes féminazies !

 — Mais elle sait faire monologuer son vagin dans les théâtres.

 — Elle sait aussi écrire de la grosse pornographie sans style à laquelle il manque l’Éros !

— C’est possible mais quel rapport avec la mort de Chirac ?

— C’est vous qui m’avez fait perdre le fil ! Où en étais je ?

— Dans les gravats de Notre-Dame, c’est à dire à peu près nulle part !

— À la place de Notre-Dame HS, l’Etat offre à Chirac la place des Invalides !

— Une méchante allusion à son état après ses AVC !

— En réalité il avait une anosognosie, maladie de la Mémoire !

— Mais pas de son Devoir, qu’il a fait remarquablement, comme il se devait !

— Et La Providence l’a puni par où il avait le plus gravement péché !

— Propos très anti mythique et très homophobe !

— Hein ?

— Le Vélodrome d’Hiver vous fait perdre les pédales !

— Il l’a lui même reconnu au début de son exercice de Repentance :  « Monsieur le Grand Rabbin, Mesdames, Messieurs, Il est, dans la vie d’une nation, des moments qui blessent la mémoire, et l’idée que l’on se fait de son pays »....

— Vous interprétez comme d’habitude !

— Nullement ! Savez vous que Chirac a dit : « j’espère que le juifs sont contents parce que je ne peux pas faire plus » [1]

— Si c’est Zemmour qui le dit !

— Mais on pourrait multiplier les propos de Chirac qui prouvent de sa part une repentance de la maudite repentance du 16 juillet 1995 !

— Par exemple ?

— Hé bien quelques mois plus tard il avouera : « On ne peut pas promettre un nouveau truc tous les jours. Qu’est-ce que vous vouliez ? Que je leur montre mon cul ? » [2]

— Paroles très subtiles, empreintes de mystère, mais qui ne se rapportent pas forcément à la Rafle en bicyclette !

— Bien sûr que si ! Sinon il n’aurait pas fait allusion à cette partie de son anatomie ! Il était plutôt coutumier d’en exposer une autre ! « Mais qu’est-ce qu’elle me veut de plus, cette mégère ? Mes couilles sur un plateau ? » [3] Voyez vous ?

— Très bien. Finalement, selon vous, ce que l’Histoire gravera dans son marbre immarcescible, à propos de ce grand homme, 1m92, ce sont probablement ces propos.

— Oui ! Impertinents, visionnaires, ainsi tenez : « Rayez ce mot "opéra" de votre vocabulaire. Il n’y aura pas d’opéra à la Bastille. » [4]

— J’aime mieux celui là : « Sarkozy, il faut lui marcher dessus. Pour deux raisons. Un, c’est la seule chose qu’il comprenne. Deux, ça porte chance. » [5] 

— Celui que je préfère : « Comment voulez-vous que le travailleur français, qui habite à la Goutte-d’Or où je me promenais avec Alain Juppé la semaine dernière, il y a trois ou quatre jours, et qui travaille avec sa femme, et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit, sur le palier à côté, dans son HLM, entassée, une famille, avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! Si vous ajoutez à cela... le bruit et l’odeur, eh bien le travailleur français sur le palier, il devient fou. Il devient fou ! C’est comme ça ! Et il faut le comprendre ! Si vous y étiez, vous auriez la même réaction. Et ce n’est pas être raciste que de dire cela. » [6]

 — Evidemment, le plus odieux ! Mais bon, on lui pardonnera cet égarement pour avoir stoppé le fascisme en 2002.

 — Hélas, hélas, hélas, n’en déplaise aux faiseurs de légende le FN n’avait pas réalisé la moindre poussée électorale. Mais il y eut une ABSTENTION record de l’électorat ouvrier et populaire.... donc celui qui devait normalement arriver en 3ème, Le Pen, se retrouve deuxième, non par son propre mérite, mais par défaut.

 — Honte aux abstentionnistes !

 — Le gouvernement Jospin avait rétabli le travail de nuit des femmes dans l’industrie ! Alors , en 2002, les ouvrières livrées au travail de nuit refusèrent de voter, et les petites-bourgeoises antifâchistes, comme vous, manifestèrent pour traîner dans la boue cette superbe abstention ouvrière !

— Qu’est ce qu’il ne faut pas entendre !

 — La vérité ! Et c’est Jospin qui la dira, plus tard, sur "France" "Culture", en qualifiant cette pantomime de Théâtre !

Notes
 [1] Eric Zemmour. L’homme qui ne s’aimait pas.
 [2] Jacques Chirac, cité par Le Canard Enchaîné, 18 décembre 1996.
 [3] Février 1988, à propos de Thatcher, sommet européen de Bruxelles. Cité in Libération, 9 mai 1995.
 [4] 21 juillet 1986. AFP
 [5] 1996 cité par Ghislaine Ottenheimer Le Fiasco, Albin Michel
 [6] 19 juin 1991, au cours d’un dîner-débat du RPR à Orléans.





lundi 30 septembre 2019

C'est ainsi

"La guerre mondiale fut essentiellement l’œuvre des hommes d'argent, ce sont les hauts industriels des différents États de l'Europe qui, tout d'abord, la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent. Ils en firent leur état, mirent en jeu leur fortune, en tirèrent d'immenses bénéfices et s'y livrèrent avec tant d'ardeur, qu'ils ruinèrent l'Europe, se ruinèrent eux-même et disloquèrent le monde." Anatole France 
C'est ainsi que les hommes meurent 
 La vérité loin leur demeure. 

 Jadis, 
On mourrait pour la Jérusalem céleste 
En vérité pour le trésor des rois.

 Plus tard,
 Donner sa vie au Roi fut le sort le plus beau 
 On mourrait pour la propriété féodale. 

 Ensuite 
 On alla crever gaiement pour La Propriété
 On mourrait pour le capital financier. 

 Et aujourd'hui, 
Toi, vil mercenaire du Capital, 
Tu mourras pour la Jérusalem terrestre.






vendredi 13 septembre 2019

Ténèbres



I had a dream which was not all a dream
 Lord Byron

 J'eus aussi un rêve qui n'était peut être pas tout à fait un rêve :

Quand les Réchauffés gagneront leur froide guerre
Contre la vraie Lumière et le puissant Travail,
Les survivants transis ne reverront plus guère
 L’atmosphère glacée que d'un noir soupirail;

 Tant le ciel sera gris et le soleil éteint
Les étoiles annulées, invisibles dans l'ombre,
Le jour ne viendra plus après de faux matins;
Tout sera obscurci tout sera peint en sombre.

 La Nature vaincue par les chiennes d'Eole
Reviendra vers son vomissement protozoaire,
 La terre sera morte, la cité sera folle !
 Le cadavre noirci de la ville nucléaire

 Puera sous son linceul dévoré de punaises
 De bénitier, de rats d'infectes boucheries,
 On croira dans l'horreur de stupides fadaises

 Qui supplanteront la moderne clarté,
 Ce Néant sera gros d'ignobles bactéries,
Les larves à venir de la tourbe hébétée.





vendredi 6 septembre 2019

Moi si j'étais Moix

Moi, si j’étais Moix, hé bien je n’aurais pas demandé grâce.
L’Immense Philosophe de France-inter dont l’œuvre supplante celle de Platon, d’Aristote, de Kant, d’Hegel et des autres, additionnés en mesure centimétrique dans les rayons des marchands de livres, car Onfray, (c’est de lui qu’il s’agit vous l’aurez reconnu) n’est pas seulement un performeur sexuel, comme il dit des autres [Nietzsche, Freud] qu’ils ne le sont pas, il en a aussi une grosse.
Dans les librairies et les bibliothèques municipale, sa rangée de livres est impressionnante. Plus de 3 mètres 50, chez Marguerite Duras la bibli du 20ème arrondissement !

 Or donc, le gros philosophe gonflé à l’hélium médiatique, celui qui a réellement achevé la métaphysique occidentale, remplaçant la philosophie par le bon gros Bon Sens, a dit à Moix « j’ai toujours pensé que vous étiez un excellent écrivain. »

 Hé bien, si j’étais Luix, je serais parti de là, je veux dire je me serais campé solidement sur cette position d’écrivain remarquable, où l’on n’est ni couché, ni debout, mais bien assis, et j’aurais tenu à ces larves gluantes qui secrètent en ce moment sur moi leur moraline en quantité double, à peu près ce langage :

 Messieurs, bonjour !
De deux choses l’une :
 - ou bien je suis ce que vous disiez que je suis, soit un très grand écrivain, ce qui ne peut s’effacer ; une oeuvre de qualité traduit forcément certaine qualité chez l’ auteur.
-  ou bien je ne le suis plus, donc pour vous les oeuvres sont comme les hommes, choses délébiles, lavables en machine à penser, programme à 80° de réchauffement pour les esprits bréneux.
Nous savions que vous prostituez l’opinion, la morale, la justice, que vous changiez l’or en plomb, que vous souillez l’innocence, mais en plus vous prostituez l’attribution du talent, son taux étant indexé à la mesure du taux de servitude.
Et cela à la face jaune des français.
 En outre, me rabaissant, vous rabaissez aussi l’Angot ! Votre venin rejaillit sur Christine !
Dans la lucarne à gogoy on ne dépareille pas, on assortit, on n’aurait, pour rien au monde, accouplé un pauvre miteux qui ne peut même pas se payer une lame Gillette, avec cette lame tranchante de la pensée inique qu’est Christine.
On n’assied pas côte à côte devant Ben Camera deux écrivants, surtout quant l’un est une écrivaine, qui seraient en dissonance. Ce serait une erreur de casting, on n’accouple pas dans la pornographie mémorielle une virago des lettres pleine de fureur, de furor uterinus, avec un minable plumitif plein de Führer.


Et de fait, Moit et Angox formaient ensemble ce duo classique de l’ordre établi, la chienne de garde et le fox à poil dur, le Yin et le Yang. Ainsi sont très Yang et Yin, respectivement, la Milice cagoulée qui fait sauter les yeux pour pleurer des français désarmés, à peine piquetée ça et là, de fliquettes méchantes comme des tiques, et le Prétoire, véritable appareil féminin qui saigne à mort ceux qui pensent de travers, à peine épongé par quelques robes de burnes. Ainsi nous avançons dans l’enceinte d’Injustice de l’Etablissement Pénitentiaire France, avec ses obscènes murs de cons et sa Chiourme à la lourde trique.
 Moite et Angox, ce fut comme Moet et Chandon, Black et Decker, Charybde et Scylla, une paire indéfectible assise sur un tandem parfait, avec une pensée qui sort du même endroit.
L’Hystérique exaspérée et le Flic hérissé, la pas Belle et le très Bête, l’in-Femme et le Sous-Homme. 

Et plus avant, plus en arrière, plus dans le derrière, l’anathème rejaillit aussi par ricochet sur le duo précédent, Moix et Salamé, qui marchait si bien, qui tournait si rond, comme leurs yeux similairement écarquillés.
Qui pourra jamais oublier s’il les a vu une seule fois, les yeux globuleux extraordinairement écarquillés de Léa, exorbités comme s’ils voulaient jaillir de leur orbite, et laisser voir derriere le vide sidéral.

Vous souvenez vous, hommes de peu de Mémoire, de la Vestale scandalisée et de son Cerbère apprivoisé, ouvrant de grands yeux étonnés devant l’ombre d’une pensée propre, propre à contredire le Beau, et le Bon et le Vrai, selon le Grand Sanhédrin, la paire indissociable d’argousins de « l’insupportable police juive de la pensée », pour reprendre respectueusement les termes de Madame Annie Kriegel en 1990 dans les colonnes blindées du Figaro.

 — On a pas couché !
Et alors qu’est ce que ça prouve ? Que Moix aurait du goût ? Il vient de le prouver par son oeuvre picturale de jeunesse, providentiellement réapparue.

 — « Qu’est ce que vous venez viens me casser les texticules et mes noirs dessins avec ma jeunesse nazie ! L’est pas avec les nazis BHL en Ukraine peut être ? »

 Et, pris d’une ardeur toute rimbaldienne, [1] moi, si j’étais Moix j’aurais ajouté :

 « Moi, on me lira ! Je reviendrai devant vous les joues en paille de fer, l’œil furieux ; sur mon masque, on me jugera d’une race forte. J’aurai de l’or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces antisémites sur le retour ! Je serai mêlé aux affaires politiques, j’irai chez Soral ! Je serais maudit ! »


 Note [1] On supposera que Moix ait lu Rimbaud. Mais A-t-on lu Rimbaud ? et peut on lire Rimbaud quand on lit l’Angot couramment ?


vendredi 30 août 2019

L’Inique et ses propriétés

§.Tout est décomposé, il n'est pas un domaine, pas un aspect, fut il le plus infime, le plus intime qui échappe à la règle, règle qui vaut pour l'infra comme pour la super structure. Ce monde contaminé de sang, a contaminé les sens et résolument tourné le dos au sens. L'Absurde est passé de l'état de principe de philosophie existentialiste à la raison d’Etat.

§. Le grossier néologisme « sociétal », est simplement un anglicisme que l’on oppose d’ordinaire à social, alors qu’ils veulent dire à peu près la même chose, hormis peut être dans l’acception de « climat » social, ou autres expressions apparentées, qui relèvent des rapports de force entre les classes.
‘’Sociétal’’, dit le dictionnaire, ‘’Qui se rapporte à la structure, à l’organisation ou  au fonctionnement de la société. ‘’
   En vérité ce terme apparaît dans les années 70, début 80, sous la plume de journalistes, et cet emploi redondant où l’on retrouve toute leur suffisance et leur grossièreté fut donc « popularisé » par le Journal cette salissure de l’esprit populaire. « Encore un siècle de journalisme et tous les mots pueront ».[1]
Du coup sociétal sera employé en lieu et place d’idéologique. On parlera d’environnement sociétal, de modèles sociétaux, d’avancées sociétales, comme par exemple le mariage homosexuel, la criminalisation du client dans un rapport avec une prostituée, la judiciarisation et la répression du harcèlement sexuel.
L'idéologie c'est le féminisme, tout le reste en découle.

§. Pour contrer les purotins de la gauche et de son extrême qui voient de l’oppression des femmes à tous les étages, on trouve les puritains de droite qui voient de la « permissivité » et du « libertinage » partout !  L’infime antiféminisme est aux main des cagots. Ce n’est pas une remarque antireligieuse c’est un constat d’absence de vigueur.
 Il est vrai que les culs-bénis ont reçu le lourd renfort théorique des pantalons de velours staliniens qui décrivirent notre société de flics et de crevures galonnées, comme « libéral-libertaire » !
 Le "tournant de la Rigueur" aurait marqué un tournant libertaire !
Les colonnes blindés de l’abrutissent spectaculaire LGBT et les grands concerts fascistes du SOS sexisme et homophobie ont abusé ces gros durs qui n’ont vu que les guirlandes aux couleurs criardes, les plumes au cul, et les feux d'artifice de l'artificielle fraternité. Ils n'y ont vu que du rose, ces cons, de la couleur des mignons petits cons tout roses....

Pendant que les fonds publics s'écoulent en fêtes de fraternité, 
il sonne une cloche de feu rose dans les nuages. [2]

Pendant que les puissantes sonos synchronisées assourdissaient les râles des centaines de blancs sous les couteaux des potes aux patronymes soigneusement tus par la presse pourrie.
 Que les énormes tam-tam nègres qui faisaient se dandiner les petit-bourgeois fillistes des centre -villes couvraient la clameur de la classe ouvrière subissant un recul historique de deux siècles.
L'apparence du néo-fascisme fillé et prognathe, si contraire au paléo-fascisme viril et aryen, leur a masqué leur même essence policière.

§.  Misère du stalinisme, qui partage avec la bigoterie le besoin de cacher sa responsabilité dans la genèse de la mentalité féministe. Quoi de plus annonciateur du féminisme que le PCF « femme avenir de l’homme » ?  Autant que l’Église Vatican II  avec la "parole de femmes féministes et chrétiennes''. Féminisme et cléricalisme ont toujours marché de conserve.
 Que le féminisme triomphant ait renié cette filiation, et poussé à la dévotion envers l’État LGBT plutôt qu’au Dieu bizarre de l’ancien testament, n’est que l’expression du Sur-moi juif accablant qui a empuanti le septième ciel.


[1] Friedrich
 [2] Arthur

jeudi 25 juillet 2019

Brûlante actualité

 Fait très chaud et alors ? Demain il fera froid.
Reviennent ces étés pluvieux, venteux, grêleux, ces pluies diluviennes en juillet, ces faux-étés trempés de boues !  Pour nous épargner cette obscénité réchauffiste de canis culier lors de ces brefs épisodes de chiennes en chaleur, qui nous glacent le sang !

—  En fait le réchauffement de c’te planète crée une évaporation exagérée des mers qui explique ces averses tropicales...

— Par pitié ! Épargnez moi vos récitations de perruche caquetant les protocoles des sages de Kyoto, comme les media qui nous dégueulent de l'Al Gore.
Le temps qu’il fait, le temps qui nous fait, les temps dont je vous vois pétrie...

 Garder la tête froide, est-ce encore possible, dans ce Terrorisme d'Urgence qui allume les incendies, tue ou énuclée ses opposants en gilets fluos, condamne à de la prison ferme pour des mots, des gestes, des dessins, ferme les hôpitaux, baisse les retraites, augmente la Dime, interdit à peu près tout ?  Plus l'Etat opprime et castagne, jette les vrais travailleurs à la casse afin de rembourser sa Dette infâme du poker menteur, plus il se fait maternel, comme une vieille pute hypocrite, pour nous implanter la certitude que le bien commun fait le fond de sa préoccupation.

À la place du Père fouettard de l’époque précédente, usine, stade, caserne, une deux, une deux, en avant, marche ! en joue, feu ! nous avons cette Matrone fardée qui nous fait risette, et nous la bâille belle de tout son méat fétide et ses conseils maternels :

Dans le metro : « Attention aux arabes en descendant du train ; soyez vigilants des pique-poquettes, qui ne sont pas de Bercy, sont susceptibles d'agir dans les couloirs...

Ailleurs : « veillez bien à vos petites affaires, ne fumez pas, respirez l'air du large, mangez trente fruits par jours ; allez régulièrement à la selle, ayez six orgasmes journalier ; souriez vous êtes enculés, etc. 

Et lors des rares et misérables chaleurs «  buvez trente-cinq litres d’eau chameaux, il fait très chaud, vieillards descendez au frigo !

Ma mie, c'est la Canicule
 Descend que l'on s'enveloppe
Dans la fraîcheur des renoncules
Hein qu'on est bien là, saperlotte !

La fable réchauffiste : le seul réchauffement anthropique est celui là...si laid !



—   En fête, c’est bizarre ce côté arabe chez vous, c’est clair !  Les autres mecs aiment plutôt se rincer l’œil,  en fête.

—   Qu’ils disent ! Il ne faut pas fixer sa pensée sur ce que les gens disent mais sur ce qu’ils font.
 Et en « domination masculine » les femmes sont condamnées à la pudeur. C'est monstrueux, mais le mâle n'aime pas à être sollicité en vain.

—  Les gros frustrés, en fête !

—  Certainement.  Comme c'est les gros dégueulasses qui provoquent les "gaz à effet de serre", par leurs flatulences de viandards !  Et les gros débiles conspira-sionistes qui provoquent le populisme.


Contre les bouillons réchauffés climatiques d'origine humaine,  pour ceux qui ont la patience, qui veulent la conscience, voici de la science :
Le réchauffement climatique est un mythe :  le point de vue d'un vrai climatologue, Marcel Leroux.



jeudi 18 juillet 2019

Entretien avec RIVAROL

Rivarol : Voltaire antisémite est un curieux pamphlet envoyé à la face des biens-pensants qui firent de Francois-Marie Arouet (le vrai nom de l’auteur de Candide) une des références de leur “République”. Disons- le clairement, Félix Niesche va faire grincer bien des dents avec ses charges qui n’épargnent personne (pas même dans notre camp). Mais l’auteur est intéressant, plein d’humour et vivifiant, et il n’est peut-être pas inutile de lire des propos différents pour ouvrir de stimulantes réflexions ou de salutaires disputes, même si on ne partage pas nécessairement tous ses points de vue. 

RIVAROL : Votre découverte de la « face sombre » de Voltaire date bien de l’écoute d’une émission de Radio Courtoisie que vous décrivez dans votre livre ? 

Félix NIESCHE :  J’en avais déjà ouï-dire auparavant, mais jamais avec cette puissance, cette homérique fureur. Il y eut d’ailleurs un attroupement au pied de l’immeuble de la radio, les gens se demandant ce qui se passait ! On aurait cru Valls à l’université d’été du PS quand il évoqua le même sujet, si ce dernier avait possédé un timbre moins aigu, ce fausset qui trahit l’homme éternellement garrotté dans les chaînes matrimoniales.
Plus tard, si je fis l’acquisition, exorbitante, d’un livre moisi dans une librairie poussiéreuse, le Voltaire antijuif de Henri Labroue, c’est à cause du retentissement de l’émission, sinon je l’aurais laissé à « la critique rongeuse des souris » comme dit Marx. (Encore un fichu antisémite, celui-là !) Cet ouvrage ouvre les vannes à l’énorme débordement d’antijudaïsme de Voltaire ! Les hauts cris de stentor poussés à la radio n’étaient donc pas exagérés.

R. : A lire les textes que vous avez récoltés, il semble que l’antisémitisme de Voltaire est d’abord l’expression d’une haine de la religion ? 

F. N. : Voltaire ne hait pas la religion en soi. Au contraire il pense qu’elle est très nécessaire pour l’harmonie sociale. Sa critique du christianisme reste cantonnée dans la philosophie, dans la polémique contre Leibnitz sur le « meilleur des mondes possible » qui donnera ce chef-d’œuvre qu’est Candide ! Lui même s’affirmait chrétien : « Je suis métaphysicien avec Locke, mais chrétien avec saint Paul ».
En revanche, il exècre le judaïsme, viscéralement, intégralement. Son antijudaïsme n’est pas secondaire à une œuvre qui conserverait sa valeur indépendamment de ce trait ; ce n’est pas une opinion mais un système, consubstantiel à sa philosophie. En outre, pour Voltaire ce n’est pas sa religion qui fait le Juif, mais le Juif qui fait sa religion. Malgré leurs grossiers plagiats des autres, car il soutient que les Juifs, dépourvus d’art et de génie, ont tout piqué aux autres, leur croyance reste répugnante et cruelle. « Dès que vous eûtes une loi, elle vous ordonna d’exterminer toutes les nations… Voilà comme vous aimez votre prochain ! Ce n’était pas ainsi que Jésus recommandait cet amour : Voyez la belle parabole du Samaritain ».

R. : Il insiste particulièrement sur les origines troubles du judaïsme. Pour lui, les juifs sont maudits par leur histoire ?

F. N. : C’est eux qui sont maudits, selon Voltaire, par nature, donc leur histoire le sera tout autant. Il les définit comme « une horde d’Arabes vagabonds » « déprépucés et gueux », “lépreux”, “pouilleux”, donc leur histoire atroce sera l’émanation de leur être, le fruit de leurs qualités intrinsèques.

R. : « Un juif n’étant d’aucun pays que celui où il gagne de l’argent » pour Voltaire, il est éternellement lié à l’usure ? 

F. N. : Il semblerait, oui.
 « Messieurs, lorsque M. Médina, votre compatriote, me fit à Londres une banqueroute de 20 000 francs, il me dit que ce n’était pas de sa faute, qu’il avait toujours tâché de vivre en fils de Dieu, c’est-à-dire en honnête homme, en bon Israélite. Il m’attendrit, je l’embrassai, nous louâmes Dieu ensemble et je perdis 80 %. »
Voltaire préfigure Marx : « Le dieu du Juif n’est qu’une traite illusoire. » Marx définit la monarchie de Juillet comme un pouvoir des « Juifs de la Bourse » où « l’État se laisse exploiter par les Juifs de la Finance ».

R. : Voltaire voulait-il une punition pour ce peuple ?

F. N. : Ben oui : l’extermination ! Rien moins. C’est épouvantable à dire, mais c’est ainsi. Pour Voltaire, le Juif est le Nuisible par excellence. « Je ne serais point étonné que cette nation ne fût un jour funeste au genre humain ». Il applaudit aux massacres de Juifs à l’occasion des croisades. Dans l’Essai sur les mœurs, il déplore même que les Juifs « fussent punis, mais moins qu’ils ne le méritaient, puisqu’ils subsistent encore ». Faut il commenter ?

R. : Voltaire, en plus d’être antisémite, semble avoir été très misogyne et raciste. Cela n’arrange pas son cas pour vous ? 

F. N. : Cela n’arrangerait pas son cas, comme vous dites, si je ratifiais ces appellations homologuées par une époque que je récuse entièrement.
Si on valide le féminisme, qui est un irrationalisme, un subjectivisme métapsychologique absolu, stipulant que la détermination sexuelle n’est qu’une représentation mentale, on peut qualifier Voltaire de misogyne, ainsi que tous les penseurs et philosophes qui se sont penchés sur cette dangereuse question, jusqu’à notre époque impuissante qui ne produit ni penseur ni philosophe. Il s’inscrit donc dans le tas de ceux que les féministes originelles ont nommé les OLD DEAD WHITE MALES, les vieux mâles blancs morts, qui auraient, selon elles, fondé philosophiquement l’infériorité des femmes.

Pour ce qui est du racisme, au sens contemporain, c’est une invention encore plus minable. En France par exemple, on la doit aux magouilles conjuguées de Pierre Bergé et de l’Élysée, lors du tournant de la rigueur, pour discréditer ceux qui trouveraient à redire à l’appel au secours, au SOS lancé au vrai Racisme pour infliger une défaite historique à la classe ouvrière, en remplaçant sa conscience de classe par l’arriération religieuse, et le prolétariat par les prolifiques. Ainsi avec cette nouvelle acception on pourrait même faire d’Emmanuel Kant un raciste : « Nous pouvons avec une grande probabilité être sûr que le mélange des ethnies, qui mène tout doucement au nivellement des caractères, sans qu’il soit question de considération philanthropique, sera vraiment nuisible pour l’humanité. »

R. : Vous n’épargnez pas l’Église catholique, en réalité la secte conciliaire qui éclipse et pousse au tombeau le vrai catholicisme, dans vos écrits. Seriez-vous en rupture avec le christianisme et plus largement avec la dimension spirituelle ?

F. N. : A mon avis c’est plutôt Rome qui est en rupture avec le christianisme. Qui a dit qu’« Auschwitz était le Golgotha du monde contemporain » ? Deux, Jean-Paul. Qui vient de dire que l’Enfer n’existait pas ? Bergoglio François.
S’il subsistait encore quelques lambeaux de la vraie Tradition, des restes de métaphysique encore utilisables « dans les lézardes, le foutoir, les interstices de ce monument baroque et poussiéreux », quand Ezra Pound nommait ainsi l’Église catholique, je crains que ce grand monument poussiéreux avec son grand appareil de doctrine, n’ait perdu ses derniers gluons de substance thomiste, et se soit effondré comme Notre-Dame dans les fumées de la reconstruction moderniste, perdant sa flèche vers la spiritualité et la transcendance.

R. : La personne de Jésus-Christ semble positive pour vous. D’ailleurs vous le définissez comme un « goy perdu parmi les juifs » ? 

F. N. : Je rappelais seulement qu’il fut par sa naissance terrestre galiléen. On ne pouvait pas être à la fois Galiléen et Juif il y a deux mille ans, de même qu’on ne peut-être de nos jours palestinien et israélien. C’est par ce berceau natal que se comprend le retentissement spontané de Sa parole dans l’âme des peuples indo-européens, cependant que celle des sémitiques y demeure absolument allergique et rétive.
Jésus est pour moi beaucoup plus que positif ! Il est le Négatif absolu du mondain, du Siècle. La plus pure antithèse du mental, de l’ego. Sa Parole inimitable, invite à une véritable conversion intérieure, pour atteindre le Royaume, c’est-à-dire la vraie vie, dès ici et maintenant.

R. : Vatican II est pour vous un basculement spirituel. Ce conciliabule est-il pour vous le triomphe du “judéo-christianisme” ?

F. N. : Certainement, et je crois que le chapitre “Vatican II” de mon livre en fait la démonstration suffisante. On ne doit pas se laisse bluffer par ce concile de 1965 qui parut, au premier abord, une bouffée d’air pur dans un vieil édifice sentant le renfermé : prêtres ouvriers, bonnes sœurs émancipées, etc. L’Église en fut soi-disant rajeunie, alors qu’au contraire le concile a consisté en un abaissement du Nouveau Testament et un rehaussement du Vieux. On a remplacé jusqu’aux Paroles du Notre Père : « Ne me laissez pas succomber à la tentation » par « Ne nous soumets pas à la tentation ». Quelle espèce de divinité prie-t-on ici ? Un dieu qui pourrait nous tenter afin que la soumission du christianisme au judaïsme soit gravée dans la prière.

R. : « Voltaire, comme tous les paresseux, haïssait le mystère » écrivait Baudelaire. Vous rappelez l’opposition des romantiques et des symbolistes à l’auteur de Candide. Pourquoi ces deux courants sont t-ils autant les ennemis des Lumières pour vous ? 

F. N. : Parce que les romantiques vivaient dans la trivialité du triomphe bourgeois. Qu’à leur époque les bourgeois faisaient encore profession de voltairianisme. Voltaire leur semblait alors l’archétype ricanant de cette engeance.

R. : Vous écrivez que nous sommes passés des Lumières modernes aux Ténèbres postmodernes. Ce glissement vers la barbarie est-il impossible à arrêter ? 

F. N. : Tout ce que je sais c’est qu’on ne rajeunira pas. Car ce glissement progressif du déplaisir correspond au vieillissement, à l’agonie, puis à la putréfaction du système économique et social qui enserre l’humanité entière dans sa camisole de force.  Deuxième loi de la thermodynamique : dans tout système clos, se produit obligatoirement un désordre et une uniformisation croissants.
Il faut être un penseur superficiel pour définir la contre-révolution capitaliste post-moderne des années 1980 comme libérale-libertaire. Elle n’est pas libérale mais monopoliste. Pas libertaire mais ultra-autoritaire.
Le Post-moderne est anti-moderne, férocement anti moderne ! C’est une réaction sur toute la ligne, dans tous les domaines. Une réaction différente de la Vieille Réaction catholique et royale, mais une réaction quand même, et plus profonde, plus en arrière, puisqu’elle revient sur les acquis du néolithique, sur les données civilisationnelles les plus immémoriales.
La Vénérable Réaction devant le triomphe du capitalisme sur le stalinisme va sortir de la poubelle de l’histoire, et après s’être débarrassée des trognons de choux, des arêtes de poisson, des conserves et des casseroles qui la recouvraient, s’est redressée fièrement et a clamé : — Et Nous ! Nous sommes là, nous les anticommunistes de toujours ! Nous avons des solutions pour rétablir l’Ordre !
Sauf que le Maître du jour ne veut pas de leur ordre mais du chaos.

Propos recueillis par Monika BERCHVOK. _____
RIVAROL

Félix Niesche, Voltaire Antisémite, Editions Kontre Kulture, 128 pages, 13,50 euros. Disponible ICI