jeudi 16 février 2012

Diabolo ou des diabolos


Marine Le Pen ! Ah, Marine Le Pen !
Notre seule Marine nationale, antivoile et carguée d’opprobre, et qui donne des vapeurs.
Quelles sont les probabilités réelles de la voir mouiller tantôt au bon Vieux Porc ?
Et dans ce cas bien improbable, où un vent debout se serait levé, balayant les rognures intellectuelles du crétinisme parlementaire, quel cap prendra-t elle, Melle, une fois sous les ors et les lambris précieux de la Capitainerie du Faubourg ?

Ce qui nous amène ipso facto à nous demander : quels sont les gros besoins réels, déponés sur le Trône, par la Domination, au sujet MLP ?
Qu’est-ce que c’est que cette histoire de paraphes édiliques, qui seraient comme un Visa pour le Voyage intergalactique vers l’étoile de David.
Et, quid de cette méphistophélique Diabolise à Sion ? Info ou intox, Lucifer ou Satan, rabouin ou rabbin, ou les deux ensemble, et à chacun leur tour ?

Telles sont les questions serpentines sur lesquelles je peinais, noircissant ma page avec difficulté, lorsqu’un échange impromptu d' épîtres avec Ibara me fit, incontinent, aller jeter un œil sur son site.
Evidemment !
Ibara semble s’être fixé pour tâche de faire rire et applaudir au cirque Maxime « Un bon dessin vaut mieux qu'un long discours ! »
Rien à ajouter, je vous y renvoie.
http://www.espace-ibara.com/les-monstres-dibara/la-dediabolisation-de-marine-dessins-dibara

félix lechat

lundi 13 février 2012

Tonkin


Lecteur tu peux aller de ce pas, porter un cierge à Saint-Tonkin, que tu ne connais pas.
Grâce à lui, l’ami lointain, mais si proche pourtant, vous avez échappé à un écrit de cris et de grincements de dents, à des transports de plinthes jusqu’à mon Golgotha perso.
J’ai failli graver mes hiéroglyphes doloristes dans la dolomite du blog, en sifflant comme un beau diable (ce qui aurait mis Orfeenix aux anges) .

Car je souffre comme un damné couvert de Poix, et depuis plusieurs jours qui me semblent des ères, tant le temps me dure, et tant la mort me noue et sa crainte me moud, au pressoir de mes heures lentes.
Mais Tonkin, frappé plus durement, subit son sort avec tant de fermeté, sourit devant le bistouris, sarcastique devant les diagnostics, d’égale humeur devant les tumeurs légales, que j’aurais honte d’étaler mes misères….
Tonk, au moral, est le genre de type que j’aurais voulu être, moi qui geint comme une gonzesse devant le moindre carcinome cochléaire des zones vibratiles carcérales à modulation stridulante.

Aurais je parlé sous la torture ?
- Qui tire toutes les ficelles ? Parles chien !
- Arrrghc’est Nocif

félix lechat

samedi 4 février 2012

Passant chez Maupassant


Je lis dans Maupassant un beau caractère d'Adjuivant.
Il s’agit d’Andermatt, banquier d’affaire et qui aime plus que tout les affaires; dont son beau frère disait que passant près de lui :  « j’entends très bien dans sa tête le même bruit que dans les salles de Monte-Carlo, ce bruit d’or remué, battu, traîné, raclé, perdu, gagné.  »
« Andermatt, en effet, éveillait l’idée d’une étrange machine humaine construite uniquement pour calculer, agiter, manipuler mentalement de l’argent. Il mettait d’ailleurs une grande coquetterie à son savoir-faire spécial, et se vantait de pouvoir évaluer au premier coup d’œil la valeur précise d’une chose quelconque.
Aussi, le voyait-on, à tout instant, partout où il se trouvait, prendre un objet, l’examiner, le retourner et déclarer : « Ça vaut tant. »
Après un long siège il avait réussi à épouser la fille du marquis de Ravenel. Ce dernier, assez veule, suggestible, rétif au début, finit de se laisser convaincre par l’inéluctable plaidoyer d’un inéluctable bas-bleu, inéluctablement « liée avec beaucoup d'israélites », qui lui fit de leur race ce portrait saisissant :
« Elle lui montra la race juive arrivée à l’heure des vengeances, race opprimée comme le peuple français avant la Révolution, et qui, maintenant, allait opprimer les autres par la puissance de l’or. Le marquis, sans foi religieuse, mais convaincu que l’idée de Dieu n’était qu’une idée législatrice, plus forte pour maintenir les sots, les ignorants et les timorés, que la simple idée de Justice, considérait les dogmes avec une indifférence respectueuse, et confondait dans une estime égale et sincère Confucius, Mahomet et Jésus-Christ. Donc le fait d’avoir crucifié celui-ci ne lui paraissait nullement comme une tare originelle, mais comme une grosse maladresse politique. Il suffit par conséquent de quelques semaines pour lui faire admirer le travail caché, incessant, tout-puissant des juifs persécutés partout.
Et envisageant soudain avec d’autres yeux leur triomphe éclatant, il le considéra comme une juste réparation de leur longue humiliation. Il les vit maîtres des rois, qui sont maîtres des peuples, soutenant les trônes ou les laissant crouler, pouvant mettre en faillite une nation comme on fait pour un marchand de vin, fiers devant les princes devenus humbles et jetant leur or impur dans la cassette entrouverte des souverains les plus catholiques, qui les remerciaient par des titres de noblesse et des lignes de chemin de fer. »

Cette domination nouvelle Maupassant en montre la racine double : la transformation capitaliste du monde, et son principal agent.
Si j’écrivais selon ma pente : je dirais la putrescence capitaliste du monde par son bacille. Mais je ne tiens pas à mettre trop de subjectivité, car l’essentiel du propos n’est pas là.
Il est dans mon opposition à la vision des « Protocoles ». Et cette opposition n’est ni superficiellement morale, ni superstitieusement religieuse, encore moins policière comme la flicaille intellectuelle, mais fondamentale et métaphysique.
Opposition à la vision déterministe, qui ne peut admettre les conditions de l’existence humaine que comme conséquence de sa volonté.
Les supériorités naissantes n’ont pas égard à la valeur, prise dans une échelle qui serait intangible. Car la hiérarchie des valeurs change, et elle change selon des critères économiques qui ont peu à voir avec la volonté. Celle-ci finalement ne manifeste, à l’intérieur de conditions que l’homme trouve toutes faîtes à sa naissance, que le reflet idéal de la structure économique de la société.

Pourtant on me dira : c’est la Volonté de puissance qui anime Andermatt !
Sans doute, mais ce n’est pas lui, ni eux collectivement, qui ont crée ex-nihilo, le capitalisme.
Le développement capitaliste est en cela comme les lois physiques.
Je ne dis pas qu’il est une fatalité économique, comme l’est une catastrophe naturelle, car l’économique c’est d’abord et avant tout un rapport entre les hommes, mais ces rapports sont liés à la nécessité, sont objectivement déterminés.  Ce sont ces conditions « objectives » qui font que tel ou tel type humain sera plus ou moins équipé pour réussir.
L’intelligence ? Certes l’intelligence. Mais l’intelligence appliquée à un but.
Tel sous-chien condamné à la précarité dans le monde du cul, de la publicité, des média, du management, etc., aurait été sous Bonaparte un grand capitaine, sous de Gaulle un bon ingénieur…
Au rebours, tel puissant du jour aurait été le rebut, en telle autre circonstance où ses qualités intrinsèques n’eussent pu triompher.

Or donc, cette fin XIX siècle connaît un important développement économique. C’est le monde libéral économique de l’accumulation du capital. Andermatt le banquier, aide à l’extension du marché. Dans ce cadre le prolétariat se battait pour la répartition de la richesse ainsi créee dans le monde réel.
Aujourd’hui c’est une lutte à mort, non pour la répartition, mais pour l’existence historique.
L’évolution de la féodalité vers le capitalisme s’est retournée, et l’on va vers un nouveau servage, qui sera à l’ancien ce que la sénilité gâteuse est à l’innocence enfantine.
Si les deux sont inconscience, l’un va vers la lumière l’autre vers les ténèbres.
« Ce n’est plus le développement, mais l'effondrement économique qui est la stratégie de la Banque » explique Alain Soral; rien n'est plus exact : on ferme les usines, on désindustrialise afin de détruire la force productive, et au premier chef, la classe ouvrière.
La richesse qui s’accumulait par l’exploitation du travail, s’accroît aujourd’hui par la destruction du travail.
Et c’est la différence entre les Andermatt d’hier et ceux d’aujourd’hui.
Hier le nomade devait se fixer, implanter et affermir sa race, afin de s’assurer les milieux qui donnent l’entregent. Andermatt « avait épousé, par adresse, la fille du marquis de Ravenel pour étendre ses spéculations dans un monde qui n'était point le sien. »
De nos jours, au contraire, ils ont besoin pour et par leurs spéculation de redevenir des errant  « off shore », les nomades du luxe et de la luxure, l’hyper-classe parasite mondiale dont la richesse est la seule patrie.
Ces vautours de la finance fondent sur le monde du travail, qui est forcément un monde sédentaire, ils le dévastent et le pillent puis s’en retournent en leurs aires d’oiseaux de malheur.
(Quant aux filles des ci-devant marquis, quand elles n’ouvrent pas leurs cuisses chez le Pornocrate, c’est elles qui font des pieds et des mains, et du reste, pour épouser dans la haute Noblesse Adjuivnate. )
C’est pourquoi ils ne haïssent rien tant que les frontières et l’enracinement.
Attali, le principal, sinon « théoricien », du moins vulgarisateur, qui vend la mèche, est le prosélyte le plus extrême du Nomadisme, du règne sans fard de l’hyper-classe mondiale qui considère les nations comme des Hôtels.
Et cet Attali là est comme l’Attila, après que ses hordes sont passées l’herbe vivante et odorante ne repousse plus.
L’Attali-Attila, dont l’orgueil paraît en tout, ne peut déguiser sa jouissance : car à force de se croire dans la sur-puissance, celle de décider de la vie et la mort des peuples et des nations, il se prend pour une sorte de démiurge de l'ancien testament.

Et c’est aussi pourquoi, en parfaite et totale logique, il est le fourrier de l’immigration .
Car ce ne sont pas les « miséreux » mais les prolétaires qui doivent être liquidés, dilués dans le magma informe et métissé d’une populace de perdition. Ce que veut l'Empire, c'est la mort de l’organisation et de la conscience de classe, prélude aux grands abattoirs sous la lune.
Les « prolétaires » étant la classe, les foules métissées la masse, la masse de perdition.
Et dans les vieux pays capitalistes, ces foules sont comme les sauterelles, qui achèvent et parachèvent le travail de l’hyper-classe prédatrice et nomade.

Remarque : Toutes les citations en italique sont de Maupassant.