mardi 9 décembre 2008

Soutien à la révolte populaire Grecque.

Les médias traînent dans la fange le mouvement populaire grec qui montre la voie à tous les peuples d'Europe.
Ce serait quelques anarchistes vaguement énervés par l'assassinat, simple bavure, d'un jeune de quinze par les "forces de l'ordre", et qui en profiteraient pour tout casser au grand dam de la "population", exédée par les violences.
Telle est l'antienne de la presse aux ordres reprise, comme il fallait si attendre, par les natios droitards.
La "bavure" policière qui a tué un émeutier de 15 ans n'a été qu'un prétexte au déclenchement du chaos" selon l'AFP.
Quelle honte! Quelle infamie!
Ces pisse-copies méprisables, qui versent des larmes de crocodiles, et ont les yeux de Chimène pour les émeutiers ant-populaires qui saccagent écoles, crèches, bibliothéques, à la suite de la mort accidentelle d'un des leurs, un voyou quelconque, déchaînent leur ire et leur fureur contre d'autres "jeunes" qui osent s'en prendre aux banques, aux vitrines des magasins de luxe, et aux chiffres d'affaires.
Ces salopards trainent dans la boue le moindre flic faisant normale ment son devoir dans les banlieues française occupée, et minimisent l'assassinat d'un lycéen de quinze
En outre ces milieux d'anarchistes sont infestés de provocateurs policiers. Et la ploutocratie au pouvoir à grand intérêt au désordre, à la chienlit, afin de criminaliser la révolte qui monte, la disqualifier d'emblée aux yeux des hésitants, et de réprimer durement la colère légitime de la jeunesse, pour écraser la possibilité d'une organisation indépendante du peuple dans l'oeuf.
Légitime parce qu'un Grèce comme en France, comme partout en Europe, c'est le chaos organisé l'horizon indépassable pour tous les jeunes !
Tout cela au nom de la « réduction du déficit public » imposé par l’Union européenne et son Pacte de stabilité !
La misère la précarité, le chômage atteignent en Grevé des niveaux records. Et les travailleurs sont invités là comme ailleurs, là comme partout, à se serrer davantage la ceinture cependant que des milliards et des milliards d'euros s'écoulent de leur poche dans celles des banquiers et des spéculateurs.
Postes de profs supprimés, universités saccagées par les carcans budgétaires, professeurs non remplacés ! Ainsi il n’y aurait pas d’argent pour l’éducation ?
Pour la guerre en Afghanistan qui fait partie des engagements de l’OTAN et de l’Union européenne, de l’argent il y en a ! Et pour cette sale guerre d’Afghanistan, le gouvernement
d'Athènes a prévu "d’augmenter son budget en direction de Kaboul de 47 %"!
Toutes ces mesures de déqualification et de précarisation de la jeunesse découlent de l’Union européenne ! Aussi le mouvement populaire grec est un premier appel à tous les peuples d'Europe à se rassembler, à regrouper nos forces contre la ploutocratie !
Soutien total au mouvement populaire Grec!
Félix le Chat

6 commentaires:

Anonyme a dit…

Bruler les banques ,certes mais ,l'assurance payera & le pretexte est si opportun pour crier au loup ,pourquoi pas plutot les banquiers et financiers ,experts aveuglants et prophetes aveugles ,bateleurs et histrions (j n'ai pas dit a cothurnes) .
A c'theure ,pas un n'est en prison ni cloué à une porte de grange ,en famille ,avec hoirs gomeux qui roulent carosses au prix de la fauche;la bete bouge encore et pour des lustres .
Ciao l'Abbé .
Tonk

Paul-Emic a dit…

La révolte est légitime sans doute. On parle de corruption généralisée (comme si la Grèce faisait exception ...).
J'avoue ma méconnaissance de la situation réelle locale pour pouvoir en juger avec impartialité, mais j'ai comparé ces évènements avec mai 68, et j'y ai trouvé de nombreux points communs.
Certains, qui ne sont pas des anges, ont pris prétexte d'un ras-le-bol qui couvait pour parvenir à leurs fins. Comme en 68 j'y vois deux mains, celle des nostalgiques d'un grand soir et celle des socialistes rances, pleins de rancoeur, car la démocratie n'est que pour eux, bien sur.
Ceux qui sont au milieu de tout ça, les "étudiants" vrais ou faux sont pour la plupart complètement manipulés (et ne demandent que ça) comme ici en 68.
Et cela se terminera pareillement avec un pays aux ordres, prêt pour la finance mondiale(iste)

Anonyme a dit…

Alignés au mur, fils de pute ! Nous sommes arrivés pour prendre ce qui nous appartient…

En ces jours de rage, le spectacle comme une relation de puissance, une relation qui imprime son souvenir sur les objets et les corps, est confronté à un diffus contre-pouvoir qui déterritorialise le vécu, lui permettant de s’éloigner de la tyrannie de l’image pour s’aventurer dans le domaine des sens. Les sens ont toujours été perçus comme antagonistes (ils réagissent toujours contre quelque chose), mais dans les conditions actuelles, ils se dirigent vers une polarisation de plus en plus aiguë et radicale.

Des caricatures soi-disant pacifiques des médias bourgeois ( “la violence est toujours inacceptable, partout dans le monde”), nous ne pouvons que nous gausser : leur loi, leur loi d’esprit obéissant et consentant, de dialogue et d’harmonie ne sont rien d’autre qu’un bestial plaisir bien calculé : un carnage garanti. Le régime démocratique sous son verni pacifique ne tue pas un Alex chaque jour, précisément parce qu’il tue des milliers de Ahmets, Fatimas, JorJes, Jin Tiaos et Benajirs : parce qu’il assassine systématiquement, structurellement et sans remords l’ensemble du tiers monde, qui est le prolétariat mondial. C’est de cette façon, à cause de ce quotidien massacre à froid, qu’est née l’idée de liberté : la liberté non pas comme un prétendu bienfait humain, ni comme un droit naturel pour tous, mais comme le cri de guerre des damnés, comme le principe de la guerre.

La classe bourgeoise et son histoire officielle nous lavent le cerveau avec la légende d’un progrès graduel et stable de l’humanité au sein duquel la violence n’est qu’une désolante exception découlant d’un sous-développement économique, culturel et émotionnel. Pourtant, nous tous qui avons été écrasés entre les pupitres d’école, derrière les bureaux, les usines, ne savons que trop bien que l’histoire n’est rien d’autre qu’une succession d’actes bestiaux reposant sur un système de règles mortifères. Les gardiens de la normalité déplorent que la loi ait été violée par la balle du revolver de Korkoneas le Porc (le flic tueur). Mais qui ne sait pas que la vigueur de la loi est simplement la force de la puissance ? Que c’est la loi elle-même qui permet le recours à la violence contre la violence? La loi est vide de bout en bout, elle n’a aucun sens, ni aucun autre but que celui de déguiser la force du pouvoir.

Dans le même temps, la dialectique de la gauche tente de codifier le conflit, la bataille et la guerre, avec la logique de la synthèse des contraires. De cette manière, il construit un ordre, un état pacifié au sein duquel tout a sa propre petite place. Pourtant, le destin du conflit n’est pas la synthèse - comme le destin de la guerre n’est pas la paix. L’insurrection sociale contient la condensation et l’explosion de milliers de négations, pourtant elle ne contient en aucune de ses sous-parties, ni en aucun de ses moments, sa propre négation, sa propre fin. C’est toujours avec une certitude lourde et sombre qu’arrivent les institutions de médiation et de normalisation, de la gauche promettant le droit de vote dès 16 ans, le désarmement mais le maintien des porcs, l’État-providence, etc. En d’autres termes, en voilà qui souhaitent tirer un gain politique de nos blessures. La douceur de leur compromis suinte le sang.

Ceux qui sont contre la violence sociale ne peuvent pas être tenus pour responsables de ce qu’ils n’assument pas : ils sont destructeurs de bout en bout. Si les luttes contemporaines ont quelque chose à nous apprendre, ce n’est pas leur triste consensus sur un objet (la classe, le parti, le groupe), mais leur processus systématiquement anti-dialectique : pour eux, l’acte de destruction ne contient pas nécessairement une partie créative. En d’autres termes, la destruction de l’ancien monde et la création d’un nouveau monde sont pour eux deux processus discrets mais continus. Pour nous, la question est plutôt quelles méthodes de destruction de l’existant peuvent être développées en différents lieux et moments de l’insurrection ? Quelles méthodes peuvent non seulement maintenir le niveau et l’ampleur de l’insurrection, mais contribuer à son amélioration qualitative ? Les attaques de commissariats, les affrontements et les barrages routiers, les barricades et les batailles de rue, sont maintenant un phénomène social quotidien dans les villes et au-delà. Et ils ont contribué à une déréglementation partielle du cycle de production et de consommation. Et pourtant, ils ne sont qu’une attaque partielle de l’ennemi ; il est évident que nous restons piégés dans une seule et unique dimension de l’attaque contre les relations sociales dominantes. Car le processus de production et de circulation des marchandises en lui-même, autrement dit le capital comme relation, n’est qu’indirectement touché par les mobilisations. Un spectre plane sur la ville embrasée : celui de la grève générale sauvage à durée indéterminée.

La crise capitaliste mondiale a ôté aux patrons leur réponse la plus énergique et la plus mensongère à l’insurrection : «Nous vous offrons tout et pour toujours, alors que tout ce qu’eux peuvent vous offrir n’est qu’un présent incertain”. Avec ses entreprises qui s’effondrent les unes après les autres, le capitalisme et son Etat ne sont plus en mesure d’offrir quoi que ce soit d’autre qu’un lendemain pire de jour en jour, une situation financière asphyxiante, des licenciements, la suspension des pensions de retraite, des coupes dans les budgets sociaux, la fin de la gratuité de l’enseignement. Au contraire, en seulement sept jours, les insurgés ont prouvé par la pratique ce qu’ils peuvent faire : transformer la ville en un champ de bataille, créer des enclaves de communes dans l’ensemble du tissu urbain, abandonner l’individualité et sa sécurité pathétique, rechercher la formation de leur force collective et la destruction totale de ce système meurtrier.

À ce moment historique de la crise, moment de rage et de rejet des institutions auquel nous sommes finalement parvenus, la seule chose qui peut transformer le système de déréglementation en une révolution sociale est le rejet total du travail. Quand les combats se dérouleront dans des rues assombries par la grève de la compagnie d’électricité, lorsque les affrontements auront lieu au milieu de tonnes de déchets non collectés, lorsque les tramways seront abandonnés au milieu des rues, bloquant les flics, lorsque l’enseignant en grève allumera le cocktail molotov de son élève révolté, nous serons enfin en mesure de dire : Camarade, “les jours de cette société sont comptés ; ses raisons et ses mérites ont été pesés, et trouvés légers”. Aujourd’hui, cela n’est plus un simple fantasme, mais une possibilité réelle dans la main de chacun : la possibilité d’agir concrètement sur le concret. La possibilité d’apercevoir les cieux.

Si tout cela, à savoir l’extension du conflit dans la sphère de la production-distribution, avec ses sabotages et ses grèves sauvages, semble prématuré, ce ne serait que parce que nous n’avons pas réalisé à quelle vitesse le pouvoir se décompose, à quelle vitesse les méthodes de confrontation et les formes de contre-povoir se diffusent socialement : des lycéens qui caillassent les commissariats aux employés municipaux et aux voisins qui occupent les mairies. La révolution ne se fait pas par la croyance et la foi en des conditions historiques à venir. Elle se fait en saisissant n’importe quelle occasion d’insurrection dans chaque aspect de la vie sociale, en transformant notre animosité envers les flics en une grève définitive aux pieds de ce système.

Dehors les porcs !

14 décembre 2008 - Initiative du Comité d’Occupation de l’Ecole Athénienne d’Economie et d’Affaires
http://emeutes.wordpress.com/

Paul-Emic a dit…

faire le lit de la finance internationale en jouant au révolutionnaire, voilà l'impasse de la jeunesse et partant de l'Ocident qui les a fait naître.
Alignés au mur ? qui ça ? ton père le député, le banquier ou le pharmacien ?
Chiche !

Claire D. a dit…

Bravo pour cet article. Pour moi, qui connait bien la Grèce, il va de soi que cette révolte parle de la lutte contre l'oppression et contre la ploutocratie. Ils l'ont écrit sur leurs pancartes. La presse est nulle dans cette affaire. Elle a peur de savoir que d'autres agissent pour des idées, et non pas seulement pour leurs comptes bancaires.

Je me permets de vous laisser ce petit mot, car j'ai repris sur mon blog, de manière discrète (dans les commentaires d'"Une chanson pour voyageurs") mais réelle, un pastiche rimbaldien excellent que vous aviez déposé chez M. Poindron et son cabinet de curiosité. J'ai indiqué le nom de votre blog et l'adresse internet.

Merci et bravo pour ce poème, excellente reprise.

CD

Anonyme a dit…

nb : si la publication de ce texte sur mon blog vous pose un problème, dites-le moi. Pour le reste, j'avoue n'avoir pas tout lu de vos textes, et me suppose en désaccord avec vous sur un certain nombre de sujets, mais j'ai vraiment beaucoup aimé le poème, très amusant, très spirituel.

Claire D.