lundi 12 avril 2010

Séb c'est bien

 Pour comprendre ce qui va suivre veuillez lire ceci, dans le blog de mon excellent camarade, philosophe et néanmoins politique, Sébastien Derouen.
Cet article n'est qu'un commentaire, décousu, du sien et ne prétend pas épuiser le sujet (seulement le lecteur).
- Divergeance philosophique:  Sébastien Derouen tente de lutter contre un désordre épistémologique.
Je reconnais avec lui le chaos, mais il est pour moi désordre ontologique.
Je suis un gnostique primaire : l’esprit est irréductible à la nature. Leurs principes ne s’opposent pas, mais demeurent en parfaite altérité.
-Divergeance politique : la volonté d'aller vers une forme plus organisée, nul n’en ignore, j’en étais un des plus décidés partisans. (Je disais moi aussi « parti » par une pente moderne, mais s’il n’était que de moi, j’aurais proposé la transformation d’E&R non en un parti politique, vulgaire, mais en un Ordre mystique et combattant, perinde ad cadaver.)
Et les arguments que j’avais, même s’ils ne se référeraient à Spinoza, étaient les mêmes que ceux que Séb expose avec brio. Donc, aller vers l’accroissement, vers une puissance plus pléthorique était notre vœu le plus cher mais hélas, la farce récente nous renseignera davantage sur la pléthore des impuissants.
Ce fut un vœu pieux, et son échec n'incombe nullement à Soral dans le sens où l’on pourrait affirmer: voyez, Soral empêche son enfant de grandir!
A lire l'analyse de Sébastien, il semble qu’il en était d’E&R, comme ce que je ne sais plus quel anglais a dit un jour du parti conservateur, qu’il était un cénacle de lions dirigé par des ânes.
Ce n'est pas non plus le contraire, mais enfin ça ressemble davantage à un nid douillet dans lequel une mère chouette couve sa nichée d’oisillons duveteux, crainte qu’excités par les croassements du perfide Marc le Gerfaut, ils n’allassent se précipiter dans le vide.

-A propos de strigidé, comme l’a écrit le Titan de la Philosophie, "la chouette de Minerve ne prend son essor qu'à la nuit."
"...la philosophie vient toujours trop tard. En tant que pensée du monde, elle apparaît seulement lorsque la réalité a accompli et terminé son processus de formation. Ce n'est qu'au début du crépuscule que la chouette de Minerve prend son envol. Ce que le concept enseigne, l'histoire le montre avec la même nécessité : c'est dans la maturité des êtres que l'idéal apparaît en face du réel." Hegel. Principes de la philosophie du droit.
Plus prosaïquement traduit : la conscience clopine lamentablement derrière la réalité.
On adopte encore les topiques des années Trente. Mais la bourgeoisie capitaliste a depuis longtemps renoncé à toute velléité de fascisme : son arme c’est la décomposition.

-Je voudrais faire ressouvenir à Sébastien, combien, longtemps avant que la crise n’ait éclaté, la caricature de notre pensée, qui consistait en une fétichisation du mot « Parti », ne fut nullement l’œuvre de Soral, non plus que des simples en esprit, mais celle des habiles et des intelligents, des imbéciles intelligents, ou si l’on préfère des zintellectuels de droite. Ce qui est la même chose
Ceux qui voient des trotskistes partout.
Soral, à priori ne semblait pas opposé à cette évolution.
Je ne sais au juste ce qui s'est passé dans Sa tête, mais combien dans l'épaisseur des crânes des grands ducs on sentait que le mot était pris pour l'idée, l’idée pour la chose, et la chose pour une utopie !
E&R est une monarchie ; quand aux simples se sont des mousquetaires .

-Faire passer E&R au statut juridique de parti politique, « ce qui est faux, ridicule et même absurde » ce n’est pas sur cela qu’Alain Soral a concentré son tir de barrage, mais sur ce qui lui paraît des aventures politiques et des irresponsables. À tort ou à raison.
Qu’y faire, Alain Soral est un pessimiste et un aristocrate (contraire du démocrate), il méprise les masses, ne croit que dans la supériorité intellectuelle, la sienne propre essentiellement, bref un stalinien absolu.
Pour lui la classe ouvrière n’est qu’un ramas, une masse informe, seul l’Homme Libre, l’intellectuel, l’artiste, le petit entrepreneur, le meneur d’hommes, trouvent grâces à ses yeux.
Avec de telles conceptions on ne va pas vers une organisation telle que tu la décris. 
Ce que je veux dire c'est que l'incroyable réussite de cette mise au pas, qui se fit d'une main de maître, laisse à penser que la voie que je croyais la meilleure, ne l'était pas.

-Mesurant avec exactitude les rapports de force existants dans son assoce, Soral en déduit que l’étape est à l’agit-prop, nullement à la préparation même lointaine de la prise du pouvoir.
Je n'ai pas l'intention de développer ce qui me séparerait de cette conception, rien finalement, ou tellement peu, que ce serait une "divergence théorique" qui n’aurait plus grande importance.

-"Gauche du travail, droite des valeurs." Cela peut recouvrir des acceptions assez variées et avariées.
Pour parler simplement, tu es plutôt un marxiste maurassien, un marxiste tempéré par de maurrassisme, un maurrassien qui aurait lu Marx, (et plus incroyable, l'aurait compris).
A mon humble niveau je tente de lier à un marxisme (comme physique ) avec la pensée d'Evola (comme métaphysique)
Marxisme quantique ET Evolisme, tout est dans ce ET.
Doctrines contradictoires essentiellement et pourtant vraies l'une et l'autre dans leur ordre propre.
Le Marxisme est une Physique sociale.
L’Etude de la Tradition une « connaissance » métaphysique.
1er : Le capitalisme on n'en sort pas. Rien de ce qui se passe ne doit être abstrait de ce "schème". La loi d'airain est la loi de la valeur. Toute "géopolitique" qui étudie la politique en tant que jeu de grandes puissances, systématiquement, se cassera les dents sur ce dur caillou.
2 ème : Evola : Il y a bien sinon un sens en tout cas une direction : celle ci peut être définie comme nivellement, érosion, involution. Non pas une sotte idée ultraciste de décadence, ni même de chute qui implique une connotation gluante de moraline, mais un obscurcissement progressif, une féminisation, la submersion de la matière sur la forme .
Nous ne pouvons pas unifier, pour le moment ces deux théories.
Ou parce que le monde est absurde ou parce qu’il nous faudra d’abord renverser l’état de chose existant.

-Cette conception que j’ai, ne m’empêche nullement de me sentir à l’aise dans une gentille assoce sympa, comme la Nouvelle ÈRe, avec ses pôles de potes et ses potes qui se tapent sur l'épaule; et qui répond pour moi à une impérieuse nécessité métaphysique : comment passer le temps, le moins mal possible, avant la mort.
En plus on a le droit de fumer.
félix le chat

10 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut Félix, et merci pour ton commentaire à la fois enthousiaste et critique, qui va m'obliger à approfondir ma réflexion et à mieux l'expliciter. J'avoue que je ne prétends pas savoir exactement où l'on va; j'ai en revanche vécu le coup de force à E&R comme un violent coup de frein, exprimant, sous l'invocation d'une crainte légitime des aventures ruineuses et suicidaires, la volonté résolue, quoique légèrement masquée, de réduire E&R au rang de simple instrument de promotion sociale de son maître. Ce qui masque légèrement cet état de chose, outre l'habileté d'Alain Soral — auto-proclamé grand séducteur, après tout ! — à dire à ses auditeurs ce qu'ils ont envie d'entendre, pour les amener là où il veut (pour les femmes, au lit — pour les adhérents, à continuer de payer leur cotisation). Mais, comme la réalité est toujours plus dialectique que notre pensée, la possibilité demeure qu'ER soit plus et mieux que ce que Soral aimerait en faire: pour s'être garanti les moyens d'une autorité totale sur son machin, il n'en est pas devenu le maître au point de contrôler tout ce qui va pouvoir se faire au hasard des discussions, des réunions, des entreprises spontanées de groupes locaux, etc. Mais, à mon sens, le tout est condamné à végéter puis à dépérir, puisqu'il n'est plus du tout "dans le sens de l'histoire", pour parler de façon quelque peu hégélienne: plus exactement, E&R n'est probablement plus une des portes par lesquelles l'époque à venir se fraie un passage dans la nôtre…

Bien amicalement

Sébastien Derouen.

Anonyme a dit…

Les principes d'actions sont destinés à unir et relancer les intérêts communs... Des conférences ne peuvent suffire et finissent toujours dans les oubliettes du confort.
Du créatif crénom!..
Unir les connaissances dans la création conceptuelle de la mouvance défendue pour consolider l'union des masses des si diverses horizons.
Par les arts, par exemple.

Anonyme a dit…

Tout ceci n'est pas inintéressant mais sent le règlement de compte à plein nez, masqué derrière un intellectualisme avec lequel j'ai le plus grand mal, pour resté poli. Bref, il faut lire entre les lignes.
Si on avait commencé par ce genre d'article devant l'incompréhension et la confusion de la ligne menée depuis un an, on aurait certainement gagné en temps, en efficacité et en "harmonie".
Désolé de ne pas avoir de référence géniale à placer, j'ai l'esprit trop terre-à-terre.
Avant, maintenant ou après, rien n'empêche d'en débattre à l'intérieur d'E&R et je souhaite vivement que cela ai lieu. Les discussions sur des thèmes donnés animé par un modérateur qui serait en même temps l'initiateur du sujet, donnant lieu à des parutions périodiques en "une" pour faire naître l'intérêt de l'adhérent ou du curieux, auraient pu/du être mise en place et auraient certainement donné de l'ampleur et de l'intérêt à l'association.
Mais c'est quoi le but, là? Ca me dépasse, et je ne pense pas être le seul dans ce cas.
Salutations...
Sébastien

L'abbé Tymon de Quimonte a dit…

Nul réglement de compte de ma part.
J'ai été saisi par l'article de mon ami Sébastien que j'ai voulu présenter.
Saisi parce que je partage le même idéal. Mais l'idéal c'est de...l'idéal.
L'intellectualisme, dans mon article est parodique et ironique(je l'ai dit "épuiser le lecteur")
Politesse du désespoir.
Je vois que je suis pris au premier degré, il ne faut pas.
Ce qu'il faut voir c'est autre chose. Tant pis si je ne suis pas lu. Manque de talent.
N'est pas Hamlet qui veut.

Anonyme a dit…

LOL l'abbé ! que les mecs ne soient pas éclaté de rire en lisant un tel article du Chat, cé eux qui manque de talent!
Eric le lion

L'abbé Tymon de Quimonte a dit…

pour le manque de talent c'est bien ce que je voulais dire. Mais "éclaté de rire" faudrait pas non plus exagérer !
Rire grinçant ou jaune ou mauvais, eût été moins déplacé.
Enfin c'est tjours ça, nul n'est parfait
Félix

Anonyme a dit…

Non l'abbé vos efforts ne sont pas vains, votre écriture stylisée tout en volute peut réjouir... chose rare de nos jours.
Elle dégage une curieuse et tendre alchimie qui s'infiltre dans les esprits en quête d'autres lumières.

Nocif

L'abbé Tymon de Quimonte a dit…

que voila un bienfaisant nocif!
(je me demande si je ne vais pas autoriser exclusivemement ce genre de comm.)

Anonyme a dit…

Si ce genre de vibrations peut vous revitaliser, j'en suis ravi... Mais elle sont simplement fondées.
Vos écrits mériteraient une jolie reliure... Une épine dorsale au milieu du chandelier (un espèce de gril costal)... D'autre part j'ai choisi ce nom de Nocif pour des raison de marketing, c'est un mot d'avenir médiatique... ;

L'abbé Tymon de Quimonte a dit…

gril costal: vous êtes très branché anatomie en ce moment.
The Anatomy of Melancholy
J'ai aussi pour modèle Costal, qui mettait la jeune-Fille sur le Gril