jeudi 10 janvier 2013

Au milieu des ruines


 Un vigilant m’écrit pour m’annoncer la résurrection du Blog d’Ivane, l’ex et excellant’ Au milieu des Ruines’.
Un Phénix qui renait, après une léthargie de plusieurs mois, des cendres de son site brulé par le Censeur.
M’y rendant je tombe sur un écriteau : Seuls les lecteurs invités ont accès à ce blog . Dont acte.
Je ne sonne pas à cette porte close parce que je crois l’état de grâce passé, une certaine page tournée, et l’avouerais-je, mon vœu Treize est de rester de moins en moins longtemps dans la Toile.

Ceci dit, je considérais que la destruction de ce blog frappé par la censure était un véritable crime, et j’avais écrit in memoriam cette épitaphe :
‘En ces temps d’ abjecte confusion , loin de nos regards désormais, mais toujours sous celui de ses dieux, souhaitons qu’il ne se sente seul au milieu des ses ruines, et qu’il nous revienne plus fort et plus trempé d’acier. [ C’est chose faite parait-il tant mieux ]
Quant à nous, « haletant et brisé de fatigue », nous lui passons notre salut fraternel.’ 

Oui, j’éprouvais un sentiment de fraternité avec lui, que je ne connaissais guère, en ces sombres temps d’avant- guerre, lors même que nos respectives weltanschauung étaient inversées.
Pour l’indiquer en étiquetant sans tiquer sur la sottise de ces étiquettes rococos, son drapeau était noir d’un « fascisme » anarchisant, le mien plutôt le contraire.
Sans parler du style, du look (son goût pour les images pornographiques) . Peu me chaut, il a des dégoûts très surs, et ce qui nous rapprochait, de mon point de vue, était plus important que ce qui nous distinguait.
C’est qu’il écrivait lui aussi son blog. D’une écriture acerbe, implacable, tueuse et talentueuse .
Son éradication ne fut rien d’autre que l’obscène assassinat d’un écrivain. La ruine de son travail de diariste inspiré.
J’espère qu’il aura sauvé ses écrits de cette sale Anastasie; ils en valent la peine.

Tout écrivain est un monomaniaque : il croit détenir le saint graal de l’explication ultime; la cause finale aristotélicienne : pour Ivane c’était le christianisme, comme ici, la gynécocratie. Pour tous les deux l’émasculation des européens, vaincus.
À chacun son Ariane, son fil conducteur…
En outre (pleine de vin), si la ‘virilité’ se teinte pour Ivane d’une pinte de machisme solidement campé, je suis assez exempt de cette tournure, du moins je crois.
Le dirais-je, j’ai en moi, cette gouttelette de féminité, dont j’ai conscience, et qui me délivre à jamais de la soumission naturelle aux mâles intacts. Car la masculinité pure qu’aucune radicelle de féminité ne vient innerver, est équipée pour toujours tout céder à sa femelle.
A mon avis, ce néo-culte boby buildeux de la musculature épaisse est l’extériorisation de la carapace caractérielle masochique, nécessaire pour supporter la gynécocratie. Il faut se durcir pour encaisser le sadisme haineux des gougnottes, l’exhibitionnisme légal et l'Etat gynocrate.
Il faut y voir essentiellement une compensation dialectique de l’amoindrissement de la Virilité intérieure : carapace dure chair molle, comme les crustacés.
L’exact contraire de ce gentilhomme d’Ancien Régime, avec ses dentelles, ses manières exquises, mais capable de vous rentrer trente pouce de fer dans le ventre, pour un mot de travers.

On notera que je dis « féminité » nullement féminisme. Car c’est précisément cette touche de féminité qui rend impossible la moindre trace de féminisme.
Cette part infime d’essence femelle donne une connaissance toute intérieure de la femme. C’est un privilège de race. De race spirituelle, genus irritabile vatum.
Je la ressens non comme une faiblesse de ma nature, mais comme ‘un plus,’ un trait aristocratique qui me permet de n’être pas dupe de leurs grimaces et leurs simagrées.
Car la question pour moi n’a jamais été l’émancipation de la femme, dont je n’ai cure, mais l’émancipation par rapport à la femme.
félix lechat

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