mardi 12 janvier 2010

Histrionisme et révolution


Sans doute, l'existence détermine la conscience, mais il y a les grands archétypes, éternels et immuables.
Ne pas confondre la nature humaine et l'Essence, super ou ordinaire.
Cohn Bendit
Le type auquel appartient Daniel Cohn Bendit, Evola l'appelle "la race de l'homme fuyant", rétif à toute discipline intérieure, qui n'a pas seulement horreur de se met­tre en face de lui-même mais est également incapable de tout enga­gement sérieux.
Dépourvu de toute « forme » intérieure, de tout caractère, de toute droiture, de ce pouvoir central que les Anciens appelaient egemonikon.
L'ordre bourgeois produit ses propres contestataires, n'importe la subjectivité du bouffon, ce qu'il croit être, ne compte que ce qu'il fait, dévoilant ce qu'il est.
Cette photo célèbre qu'on exhibe avec complaisance comme le symbole de l'esprit de Mai 68, faut il être aveugle pour y déceler l'ombre d'une attitude révolutionnaire.
On imagine volontiers le CRS levant les yeux au ciel devant l’air imbécile et provocateur du petit Dany le rouquin. C'est l'expression du sale gamin chahuteur, mais qui craint l'Autorité, au fond, et cherche par avance son indulgence, en faisant le pitre. Attitude toute dans la séduction, femelle, non dans la lutte, virile.
Quelle stupéfiante antinomie avec la dure colère ouvrière de cet ouvrier du Joint Français en 1968 ( en haut) que sa direction capitularde oblige à reprendre le chemin de la surexploitation ! Les CRS eux, ont bien pigé la différence.
Je veux dire qu'il n'y a pas eu "rupture", mais continuité dans la démarche de DCB, ainsi que de tous les autres, les Glucksmann, Bruckner, Goupil and C°, passé du maoïsme, trotskisme et autre ISME en vogue à l'époque, au néo-conservatisme ou à l'écologisme bancaire; qu'ils n'ont pas "trahi" leurs fameux "idéaux" de jeunesse, mais qu'au contraire ils étaient des féaux qui ont parfait leur être.

.Mai 68.
Deux procès contradictoires et imbriqués sont à l'oeuvre en mai 68.
Deux fleuves prenant leur source dans deux terreaux différents, soit en altitude, ce sont alors de minuscules filets d’eau, alimentés par les précipitations, soit par les nappes souterraines.
Une source de mai 68 provient du torrent cryptuaire de la colère de la classe ouvrière, très organisée, avec ses milliers de grèves jaillissant, et qui un beau jour, fracassant le barrage stalinien va déferler dans la puissante grève générale de mai- juin 1968 qui fit vaciller le pouvoir jusqu'à ses fondations.
On l'oublie un peu vite de nos jours, le gaullisme dans les années 60, eût aussi pour tâche de détruire le mouvement ouvrier organisé, syndicats et partis, de broyer la classe ouvrière, l'atomiser, la subordonner à l'appareil d'Etat, cela en fonction même de la nécessité de s'intégrer à la nouvelle donne du marché mondial, à la nouvelle division internationale du travail du Capital, si l'on peut s'exprimer ainsi, afin de procéder à de profondes "modifications structurelles."
Dès lors que l'on prend connaissance du nombre incroyable de luttes ouvrières tout le long des années 60, on est juste étonné que la grève générale de mai-juin 68 ne fut pas venue plus tôt.
Concomitamment une offensive contre la jeunesse scolarisée allait s'accélérer, au cours des derniers mois de l'année 1967, et des premiers mois de 1968.
Il y a, du point de vue du Capital, trop d'étudiants, trop de dipômes, trop d'universités, trop de fils de prolos à la fac, trop de connaissances. C'est le plan Fouchet pour l'Université. En 68, depuis la rentrée, ce plan va dresser contre lui la majorité des étudiants, et l'agitation se développera contre ce plan, et rien d'autre!
Dés le mois de mars, l'agitation étudiante commence à prendre de l'ampleur. Elle s'accentue tout au cours du mois d'avril, en particulier à l'université de Nanterre. Les 27, 28 avril, la Fédération des étudiants révolutionnaires (FER), fer de lance du mouvement étudiant, est constituée: "A bas le plan Fouchet”, "A bas les ordonnances”, "Vive les travailleurs du Mans en Grève”, " Non au gouvernement”, tels étaient ses mots d'ordre.
En effet au Mans, fin janvier, début février, excédés par les grèves tournantes et les vains débrayages, les ouvriers du montage des camions, à la Saviem, envahissaient les bureaux et votaient " la grève illimitée jusqu'à satisfaction des revendications ”. Bientôt, ce sera la " marche sur Paris ”. Rejoints par des milliers de métallos et de travailleurs d'autres corporations, ils livrent bataille aux CRS. Ce furent les ouvriers les modèles pour les étudiants. Pas le contraire.

L'autre source de Mai 68, provient de la haine anti Général De Gaulle de certains milieux impérialistes, et plus précisément sionistes.
Sans doute De Gaulle était, on vient de le voir, le représentant du capitalisme français, mais il l'était à sa manière, indépendante, bonapartiste, résistante aux USA, qui déplaisait, indisposait grandement les milieux de la grande finance cosmopolite.
Sa politique d'indépendance nationale de la France, défendant son pré carré, particulièrement avait le don de hérisser le poil des américains.
La mesure fut passée lorsque le Général de Gaulle, ce drapeau vivant de la Résitance contre le nazisme, déclarât à propos des exactions (déjà) de l'état hébreux: "ce petit peuple sur de lui et dominateur". Seigneur que n'avait il pas dit là !
Ce fut le comble. Ces propos, doux euphémismes cependant, ne lui seront pas pardonné et décidèrent son arrêt de mort. On ne lui fera pas la peau comme Kennedy, mais on complotera la mort politique du vieux Bonaparte.
D'où ces "leaders" étudiants, Cohn Bendit, Krivine, Ben SaÏd, Weber, Geismar, mis en avant par journalistes, et qui surfèrent sur la vague révolutionnaire. Là encore, rien de nouveau sous le soleil de France, la presse, toujours aussi pourrie, est propriétée privée, il suffit de savoir qui la possède pour comprendre pourquoi elle sert systématiquement les intérêts impérialistes que l'on nomme de nos jours mondialistes.


L’idéal de Mai 68, en ce qu'il portait de prolétaire et de flamboyant, a donc été mis à la fosse par ces histrions, du genre DCB, par de sales pions-commissaires politiques, maos et krivinistes de tous poils, qui ont pris la place de l'avant garde, comme en Espagne, en 1937, où les poumistes et les anarchistes furent liquidés par les commissaires staliniens. (Lire Orwell)
Ce fut ça, exactement, leur tâche politique: liquider la grève génèrale de Mai-Juin 68, pour ne laisser subsister que l'écume de cette puissante vague ouvrière, écume de nos jours, écume du temps: « Il est interdit d’interdire ! C.R.S., S.S. ! Sous les pavés la plage ». Ces petits cons ont mués rapidement en vieux cons, multipliant les interdits, devenant les pires flics de la pensée, les pires bétonneurs sur le plan politique, philosophique, littéraire, scientifique et poétique qui aient jamais existé.
Sous leurs pavés il n'y avait que Paris-plage, leur arche d'alliance voguait vers Bertrand Delanoé, et si les CRS sont toujours traités de SS, ils nous invitent à regarder les reîtres de Tsahal écrasant des enfants avec des chars, comme d'aimables gardiens de la paix.
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Qu'est ce que le gauchisme?
Comme toute chose en ce bas monde il possède une nature double.
Maladie infantile ou dégénerescence sénile.
Sans doute, au départ de nombreux étudiants et ouvriers étaient animés d'une sincère haine contre l'opportunisme et les flics staliniens. Leur gauchisme, dès lors, fut une réaction contre les directions traîtres du mouvement ouvrier.
Mais il fût aussi la graine d'où germera le néo-conservatisme, l'idéologie de la décomposition, le stade putréfié du capitalisme sénile. Cours camarade, le Vieux monde est devant toi, la vieille catin ouvre ses cuisses.
Aujourd'hui il est de bon ton de penser que la « provocation » étudiante tentait d'ouvrir les yeux des ouvriers débiles et timorés, les incitant à rompre avec leurs syndicats austères et réformistes pour faire la Fête-révolution.
Mais ces petits‑bourgeois ne se rendent pas compte que c'est exactement le contraire qui eût lieu. Tout au long des semaines de mai, c'est l'immense puissance de la classe ouvrière qui a protégé les manifestations étudiantes.
félix le chat

1 commentaire:

Niko a dit…

Aimons l'humanité du dimanche, surtout avec les doigts.

Jean Peupu

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