jeudi 5 octobre 2017

Au lecteur hypothétique

Soral a présenté mon Don Juan ! Cela suffira-t-il à l’exhausser ?
 Je n’ignore pas que le public d’E&R est formé essentiellement par les deux familles de la droite des valeurs en bourse pleines, que j’ai vitupérées récemment ! Quant à la gauche du travail, comme Diogène avec sa lampe, je la cherche encore.
Faut il aller l’attendre à la sortie des spectacles comiques ?

 C’est dire si mon Juan descendu aux Enfers et ressuscité avait peu de chance de plaire. Sa place naturelle est dans ce que l’on nommait jadis l’enfer des bibliothèques.

 Mais s’il reste encore quelques ardents, quelques soraliens première manière, je leur dit Lisez le, cet Enfer, vous y trouverez votre pitance, chacun selon son inclination.

 Evidemment comme l’a souligné Alain Soral c’est une oeuvre littéraire, esthétique.
On dit, c’est une pièce de théâtre, soit ! Mais attention, ce n’est pas un drame à jouer, mais à lire. Il est écrit pour être lu, c’est la forme du dialogue. Très écrit veuillez m’en croire. J’ai ressuscité un homme de l’ancien temps, et quel homme : Don Juan ! Et l’ai précipité dans notre actuelle gynécocratie. Sa situation est tragi-comique. La vis comica marche à plein.
La critique esthétique est souvent la plus aiguisée et la plus pénétrante, surtout dans le domaine des mœurs.

 Cependant il s’agit d’un écrit beaucoup plus profond qu’il n’y paraît au premier abord. Croyez moi, je connais un peu son auteur.
Et je suis autorisé à révéler qu’il y a trois niveaux de compréhension, trois sens superposés.
Deux sens visibles, lisibles, et un sens caché.

 Un niveau politique, pédagogique.
 La diatribe de Don Juan est argumentée. Vous y trouverez des vérités, qui ne sont dites nulle part ailleurs. Dans une deuxième partie, intitulée scolies, c’est à dire des remarques philosophiques et politiques à partir du texte, je me suis m’attaché à démontrer la généalogie de la réussite du féminisme, le rôle des Etats, de la CIA, de l’impérialisme américain...Vous y trouverez profusion de noms et de faits.

 Un deuxième niveau philosophique.
 La facticité de son fondement, l’oppression immémoriale de F par l’H, et son hétéronomie révèlent la facticité, l’irréalité du monde présent.
Ce qui n’est pas rationnel, n’est pas réel. La réalité n’est pas forcément l’attribut d’un état de chose existant.
 Arthur Rimbaud : « La vraie vie est absente. »

 Gottfried Benn : « Il n’y avait plus de réalité, tout juste sa caricature. »

 Antonin Artaud : « Je suis anarchiste parce que j’ aime tellement l’ordre que je n’en supporte pas la parodie ».

 Enfin un niveau métaphysique, initiatique.
 Implicite. Caché. (Masqué, et peut être défiguré par un parti pris d’humour). Mais fichée dans la chair sensuelle de mon opposition à la gynécocratie, en filigrane.
Une métaphysique authentiquement chrétienne.
 Mon ami Ibara, qui a tenu à préfacer le livre l’a immédiatement perçu.
 Bien sûr les cagots vont parler d’ésotérisme, de marcionisme, d’hérésie : situer l’Enfer dans Saturne ! Le mauvais démiurge ! Les quatorze stations au père Lachaise ! etc, etc ...
Vade retro ! Albigeois ! Au bûcher !
Mais depuis le temps que je brûle, je ne redoute pas les bûchers.


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