dimanche 5 janvier 2014

De l'autre côté du miroir


illustration antinomique


De l'autre côté du miroir
Le chat mourant de Schrödinger exhale son dernier feulement taxidermique
Le Vivant, seul, de ce côté ci si décoté répond à l'empailleur par une gifle retentissante sur sa face rationnelle.
Ce côté ci c'est le mouroir
  L'autre le Néant.
Quelle noirceur sans tain ! La Mort ne la traverse plus en tant qu'Onde corpusculaire
Les fluctuations du Vide scintillent comme des poissons vif-argent hors l'eau des glaces
Miroitant les froids rayons d'un Soleil d'outre-tombe
Aveugle, la Mort regarde à travers elle.
Renfermée dans un Crystal, la lune adamantine brille sur son diadème
Sa teinte est d'éclipse
Et c'est le teint le plus éteint des mondes
  Et l'éclat de sa Faux répand un crépuscule funeste

J'ai peur, parfois. Angst
L'Onde n'est plus ! qui faisait courir les ruisseaux
Ma petite ma petite !
J'ai perdu l'idiome sympathique de Young
Pour t'appeler dans le courant !
Comme le feraient deux fleuves identiques se croisant, s'entrecroisant, dans les couloirs noyés de monde
J'ai perdu la clef
Pour ouvrir ta serrure, la fente
Des deux petits trous percés dans un plan opaque : Tes yeux !
Comme des raies à cause du soleil !
Le Vivant ne peux ressusciter un éblouissement
L'absence éblouissante !
La Jeune Morte, nevermore...

Je suis devenu Vieux soudain, c'était donc ça les larmes vieilles ?
Fleurs de cendre, amères et noires
Quand a sonné l'heure Obsidienne
Ma Tellurienne va les boire
Quand sonne l'Heure
De l'autre côté du Miroir.

4 commentaires:

orfeenix a dit…

A part quelques larmes en guise de ponctuation,il ne manque rien.

Anonyme a dit…

Cher Félix,
c'est un de tes plus beaux poèmes...Absolument magnifique!!!
Ibara

Anonyme a dit…

Magnifique et Royal en ce jour d'Epiphanie par la fulgurance de son style si singulier, surtout lorsque le poète dans son presbytère se revêt du pronom "Je" dans ses poésies. Il tire brillamment son épingle du jeu pour faire dialoguer l'auteur avec son lecteur et pour lui comme pour nous, l'habit fait le moine et son habit ne ment pas.
La ponctuation dont vous parlez y est aussi chère Orfeenix.
L

Anonyme a dit…

Un scarabée ne peut pas faire mine de ne rien ressentir, même à terre et suffoquant sous les boules des autres qu’ils font rouler sur son corps avec un malin plaisir. Boules flasques et mal roulées, signe des temps où le mot honneur est banné du langage pour laisser place au mot dignité, attitude des vaincus par les flots des lâchetés, attitude de dernier recours. Que le poète ressuscite le verbe de la vie et la mort dans le respect des distances qui les séparent et dans ce qui fait la valeur de chacune !
Le scarabée