Au sortir de la Deuxième Boucherie mondiale, le plan Morgenthau ne proposait rien de moins que de “transformer l'Allemagne en champs de pommes de terre”, les allemands en Untermenschen perpétuels, les mâles en serfs courbés sur la glèbe, les femelles en pain de fesses.
On explique généralement la haine de Morgenthau envers l'Allemagne parce qu'il était israélite.
Il est vrai que l'on peut se faire une idée précise du sort qu'il réservait pour l'après-guerre au Reich honni, en observant celui de Gaza ou de Cisjordanie sous occupation juive.
Lors de la seconde Conférence de Québec, en septembre 1944, même Churchill, peu suspectable de porter une indulgence coupable à l'égard du Volk allemand, fut consterné par un tel plan, qu'il qualifia de "unnatural, un-Chretian and unnecessary".
Lors de la seconde Conférence de Québec, en septembre 1944, même Churchill, peu suspectable de porter une indulgence coupable à l'égard du Volk allemand, fut consterné par un tel plan, qu'il qualifia de "unnatural, un-Chretian and unnecessary".
On ne saurait mieux dire.
"Je considère le plan Morgenthau avec autant d'enthousiasme, déclara-t-il, que si je me liais moi-même les poignets à un Allemand mort".
"Je considère le plan Morgenthau avec autant d'enthousiasme, déclara-t-il, que si je me liais moi-même les poignets à un Allemand mort".
Ce plan Morgenthau avait pourtant ses partisans, non des moindres, en particulier Roosevelt himself.
Parce qu'en dehors de l'inspiration bestialement tribale de son initiateur, il avait un fondement obectif: les impérialismes d'Europe étaient si faibles, les bourgeoisies tellement épuisées, leurs économies et appareils d'Etat si délabrés, que leur transformation en simples "bourgeoisies compradores" de l'impérialisme américain paraissait une possibilité réelle.
Au cours de la guerre, Roosevelt et son gouvernement s'orientaient dans ce sens, notamment à l'égard de la France. Dépouiller l'impérialisme français de son empire colonial, ne plus le concevoir que comme un gouvernement fantoche à sa solde, dépouiller la bourgeoisie française des attributs de la souveraineté et de l'indépendance nationales, tels étaient les projet en cour à la Maison Blanche.
Il fut même question que, dès après le Débarquement, l'administration militaire américaine débarquât la française, et gouvernât directement, du moins pour un temps, la France, comme les troupes alliées devaient administrer, pendant quelques années, l'Allemagne à genoux.
D'une façon générale, au cours de la guerre, les dirigeants politiques américains, se proposaient de réduire l'indépendance politique des bourgeoisies européennes à la portion congrue, de les dépouiller de leurs principales forces productives afin de se les approprier, pour ne laisser subsister en Europe que des forces productives complémentaires à celles de l'impérialisme U.S.
.
D'une façon générale, au cours de la guerre, les dirigeants politiques américains, se proposaient de réduire l'indépendance politique des bourgeoisies européennes à la portion congrue, de les dépouiller de leurs principales forces productives afin de se les approprier, pour ne laisser subsister en Europe que des forces productives complémentaires à celles de l'impérialisme U.S.
.
Pourquoi ça n'a pas marché.
Ces objectifs philanthropiques se révélèrent totalement irréalisables, et l'impérialisme américain dut, provisoirement, les abandonner et modifier rapidement et profondément sa politique.
Quelle que soit sa puissance, l'impérialisme américain est soumis aux lois de l'Histoire.
"L’Amérique est directement passée de la barbarie à la décadence, sans passer par la civilisation" notait déjà Alexis de Tocqueville. Les brutes utilitaristes qui président aux destinées du grand peuple américain ont dû en rabattre devant l'Histoire.
Réduire les bourgeoisies européennes historiques au niveau de simples relais "compradore", comme de vulgaires Latifundes d'Amérique latine, aurait bouleversé tout l'équilibre entre les classes à l'échelle mondiale.
En outre, elle aurait signifié la déchéance et la mort pour des millions de prolétaires et de paysans européens, et en cela, elle aurait précipité la crise révolutionnaire issue de la guerre.
Car la vague révolutionnaire d'après‑guerre, qui déferla sur l'Europe fut telle, qu'elle contraint l'impérialisme américain à abandonner ses plans.
Car la vague révolutionnaire d'après‑guerre, qui déferla sur l'Europe fut telle, qu'elle contraint l'impérialisme américain à abandonner ses plans.
A l'Est de l'Europe, les bourgeoisies et les appareils d'Etat bourgeois étaient décomposés tellement, que les syndicats ouvriers détenaient l'essentiel du pouvoir, notamment à Prague.
A l'Ouest, n'ayant en face de lui que des appareils d'Etat bourgeois exsangues, le prolétariat européen, y compris le prolétariat allemand, représentait une puissance redoutable.
Avec le plan Morgenthau il se serait précipité dans une guerre civile à l'échelle de l'Europe entière. Il se fût peut-être ouvert d'autres voies d'unification de l'Europe, mais à sa manière, en créant des Etats-Unis-Socialistes d'une Europe débarrassée des ses capitalistes.
Seul le prestige et la force de l'Armée Rouge et de l'appareil policier totalitaire du Kremlin était en mesure de rétablir “l'ordre”en Europe de l'Est.
Et sans le concours de son appareil international, le tout puissant P.C. Italien, celui de France, où tout le monde était colonel, et d'ailleurs, il eût été impossible de replâtrer, voire de rebâtir des appareils d'Etat digne de ce nom, et de l'économie capitaliste en état de marche en Europe de l'Ouest.
En conséquence, l'impérialisme américain modifia sa politique, contraint qu'il fut de remettre en selle les bourgeoisies européennes, y compris la bourgeoisie allemande, en leur injectant massivement des crédits, et d'abandonner l'Est de l'Europe à l'appétit insatiable de Staline.
Nous autres, d'Europe, nous devons ce sursis, de notre déchéance programmée, au Grand Prolétariat européen.
.
Le Plan Marshall
Si la vague révolutionnaire en Europe a été contenue, elle n'a pas été vaine : elle a renforcé considérablement le prolétariat face à des bourgeoisies déliquescentes.
En France la Sécurité Sociale, une puissante fonction publique, divers droits et garanties, furent la rançon payée pour l'obtention de retour aux charmes très discrets de la société bourgeoise. Longtemps la France demeura un pays capitaliste truffé de socialisme dans ses interstices.
L'assistance américaine aux bourgeoisies européennes permit la reconstitution des états bourgeois, et le redémarrage de l'économie des principaux pays capitalistes d'Europe.
Pendant près de vingt ans, la capacité des Etats européens à impulser l'économie dépendît de la capacité de l'Etat américain de les financer plus ou moins directement.
Si la vague révolutionnaire en Europe a été contenue, elle n'a pas été vaine : elle a renforcé considérablement le prolétariat face à des bourgeoisies déliquescentes.
En France la Sécurité Sociale, une puissante fonction publique, divers droits et garanties, furent la rançon payée pour l'obtention de retour aux charmes très discrets de la société bourgeoise. Longtemps la France demeura un pays capitaliste truffé de socialisme dans ses interstices.
L'assistance américaine aux bourgeoisies européennes permit la reconstitution des états bourgeois, et le redémarrage de l'économie des principaux pays capitalistes d'Europe.
Pendant près de vingt ans, la capacité des Etats européens à impulser l'économie dépendît de la capacité de l'Etat américain de les financer plus ou moins directement.
L'impulsion des dépenses productives faites par les Etats européens se développaient parce que le capital pouvait en faire « une consommation productive ». Pour ce faire, il fallut que l'ensemble des Etats capitalistes maintiennent à un niveau et sur une échelle jamais atteinte précédemment, les dépenses militaires.
La guerre froide, la course aux armements, la politique des blocs constitua ce puissant volant d'entraînement de toute l'économie libérale.
Aussi, les Etats-Unis d'Amérique ont été obligée de prendre en charge l'ensemble des contradictions du système, qui se conjuguant aux siennes le minèrent en profondeur. Mais répétons le, il était contraint d'agir de la sorte pour éviter l'effondrement du mode de production capitaliste en Europe.
Tuteur de l'impérialisme, l'état américain dépensait des dizaines de milliards de dollars pour reconstituer l'économie capitaliste en Europe par le truchement des états bourgeois d'Europe. L'opération se réalisa par mille et un canaux : commandes militaires "off‑shore ", dépenses des troupes américaines en Europe, subventions de la guerre d'Indochine....
Aussi, les Etats-Unis d'Amérique ont été obligée de prendre en charge l'ensemble des contradictions du système, qui se conjuguant aux siennes le minèrent en profondeur. Mais répétons le, il était contraint d'agir de la sorte pour éviter l'effondrement du mode de production capitaliste en Europe.
Tuteur de l'impérialisme, l'état américain dépensait des dizaines de milliards de dollars pour reconstituer l'économie capitaliste en Europe par le truchement des états bourgeois d'Europe. L'opération se réalisa par mille et un canaux : commandes militaires "off‑shore ", dépenses des troupes américaines en Europe, subventions de la guerre d'Indochine....
L'exportation privée de capitaux américains relaiera les crédits de l'état américain européens, surtout à partir de 1958.
Bien évidemment le capital américain a profité de la reconstruction de l'économie capitaliste en Europe. Des débouchés s'ouvraient à lui. Il s'est assuré de fortes positions en Angleterre, en Allemagne de l'Ouest, en Italie, en France, en Belgique, en Hollande, en Grèce, en Espagne. De plus le capital américain liait à sa politique les bourgeoisies et les états d'Europe par les liens du plan Marchall et du Pacte Atlantique.
La transformation des banques centrales en banque d'Etat, l'organisation du crédit à l'échelle internationale sur la base de l'étalon dollar, ont finalement permis le financement de cette conjoncture économique sans précédent. Là, gît le secret de la période de prospérité, dite des trente glorieuses....
à suivre
Félix Niesche

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire